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Movember : continuer à se mobiliser pour parler de la santé masculine

27 novembre 2019 - 12:55

« Je pense que le Movember est la cause ultime qui s’intéresse à la santé masculine en général, c’est pour ça que c’est important d’en parler », croit David Morin. (Crédit photo : Louis-Michel Lelièvre)


Louis-Michel Lelièvre, Anne-Frédérique Tremblay

Le Movember est un événement qui a connu une croissance considérable depuis sa création en 2003 et qui mobilise de nombreuses personnes chaque année dans un but précis : sensibiliser aux enjeux de santé des hommes. Plusieurs raisons vont d’ailleurs motiver la population à participer au mouvement.

Que ce soit en se laissant pousser la moustache ou en récoltant des dons pour l’organisme, il y a plusieurs raisons et plusieurs façons de contribuer au mouvement.

David Morin, étudiant  à l’Université Laval, se fait pousser la moustache depuis qu’il en a la possibilité pour le Movember. Morin nous explique plus en détail dans la vidéo ci-dessous les raisons qui le motivent à participer au Movember année après année.

De son côté, Zian Bernatchez participe  au Movember depuis 2011. Il a réussi à amasser jusqu’à aujourd’hui 11 500$ pour la cause. Celui-ci a été sensibilisé au cancer en 2010 lorsque son père a reçu un diagnostic du cancer de la prostate. 

« L’année suivante, j’ai entendu parler du Movember et je me suis dit que puisque j’étais une personne à risque et que mon père venait d’avoir des opérations en lien avec ce cancer, j’ai décidé de m’impliquer dans le mouvement », exprime Bernatchez. 

Celui-ci s’est laissé pousser la moustache et a organisé une première campagne de financement en 2010. En 2013, Zian Bernatchez a réussi à récolter 5 300$ en organisant un grand nombre d’activités: il avait d’ailleurs décidé d’arborer une énorme moustache qu’il avait faire teindre en rouge à la fin du mois.

Zian Bernatchez et sa moustache rouge en 2013, année où il avait amassé plus de 7000$ pour la cause. (Crédit photo : Zian Bernatchez)

Depuis, il ne fait plus de sollicitation pour avoir des dons, mais continue toutefois à sensibiliser les gens autour de lui. « Les hommes ne sont pas nécessairement portés à aller voir un médecin pour leurs bobos. C’est aussi sensibiliser les hommes à aller passer des examens annuels avec son médecin », explique-t-il.

Ray Venables participe lui au Movember depuis 9 ans par solidarité. « Je fais le Movember parce que la charité est une de mes valeurs profondes. Aider les autres, surtout ceux avec le cancer et des problèmes de santé mentale, est important pour moi », ajoute ce dernier. Il a réussi à accumuler jusqu’ici  3 825$ pour la cause.

Tous deux enseignants au secondaire, Bernatchez et Venables utilisent cette tribune comme un moyen de sensibilisation auprès des leurs élèves. Monsieur Venables fait également partie d’un groupe de professeurs à l’école polyvalente Mgr. Sévigny de Chandler qui portent fièrement la moustache et qui amassent des fonds pour la cause.

Pour Nicolas Vallière, un autre participant au Movember, c’est plutôt l’aspect de la santé mentale qu’il tient à souligner. Celui qui étudie en éducation spécialisée au Cégep de Saint-Hyacinthe participe au mouvement en compagnie de tous ses collègues de classe. En raison de son domaine d’étude, c’est pour lui naturel de s’impliquer pour cette cause: en compagnie de son groupe et de son professeur, il a réussi à amasser une somme de 200$ depuis le début du mois. 

« L’effet de groupe est très incitatif d’abord à se laisser pousser la moustache, puis à s’impliquer plus concrètement dans le mouvement. Les gens veulent comprendre pourquoi on arbore tous la moustache et ça fait parler de la cause », explique Nicolas Vallière. 

Nicolas Vallière (en bleu) et ses collègues de classe du Cégep de Saint-Hyacinthe qui arborent tous fièrement la moustache à l’occasion du Movember (Crédit photo : Nicolas Vallière)

Monsieur Vallière a également pu utiliser la page Facebook de sa balladodiffusion « C’est juste d’la lutte » pour faire un peu de sensibilisation pour le Movember. Selon lui, il n’y a jamais assez de publicité pour des causes de la sorte.

Si vous voulez donner à la cause du Movember, vous pouvez vous rendre directement sur ce site pour faire un don général ou pour aider David, Zian, Ray ou Nicolas. 

Le mouvement movember : une longue histoire déjà

Selon le site du Movember, le mouvement a débuté en 2003 en Australie où deux amis, Travis Garone et Luke Slattery, ont eu l’idée de donner le défi aux hommes de se faire pousser la moustache pour un mois. Le but était de sensibiliser à la santé des hommes, ainsi qu’au dépistage du cancer de la prostate. L’année suivante, un site fut créé et une campagne de levée de fonds a permis de remettre 50 468$ à la Prostate Cancer Fondation of Australia (PCFA).

D’ailleurs, les montants amassés pour la cause ont explosé entre 2003 (0$) et 2012 (plus de 146 millions $ CAN). Ceux-ci semblent être en régression depuis 2013, mais l’association ne fournit plus des montants exacts ni à jour depuis 2014.

Statistiques : movember.com

La moustache, emblème du mouvement, a pris une grande signification au fil des années. Depuis les début, le nombre de participants et leur origine n’ont pas cessé d’augmenter au profit des recherches en santé masculine un peu partout dans le monde. Aujourd’hui, le Movember a comme but principal de prévenir et de contribuer aux recherches sur le cancer de la prostate et sur le cancer testiculaire. De plus, l’organisme souhaite sensibiliser à la santé mentale et au suicide chez les hommes. Le Canada a rejoint le mouvement en 2007. Au départ, tous les dons accumulés allaient au Cancer de la prostate Canada. Aujourd’hui, tous les dons sont répartis dans les différentes recherches au Canada pouvant aider la santé masculine : plus précisément pour la recherche du cancer de la prostate, du cancer testiculaire ainsi que pour les organismes en santé mentale.

Des avancées au niveau médical

Le Docteur Paul Toren, professeur clinicien dans le département de chirurgie à l’Université Laval, a reçu du financement de la part de l’organisme pour pouvoir mener des recherches sur le cancer de la prostate. Selon lui, le Movember est une bonne chose pour le milieu médical. « Ça a changé l’enjeu médical et cela a permis d’avancer la recherche. La campagne de levée de fond et l’attention qui est portée là-dessus permettent aux gens de faire plus attention à leur santé », explique-t-il.

En plus de représenter le cancer du colon, le ruban bleu est aussi associé au cancer de la prostate. (Crédit photo : parmarijana1 Pixabay)

Depuis l’apparition de l’organisme en 2003, le financement a permis d’améliorer certains traitements du cancer de la prostate. « Depuis 2015, il y a plusieurs nouveaux médicaments qui sont disponibles pour les patients. C’est une avancée majeure », précise le Docteur Toren. De plus, certains traitements ont été améliorés pour les cancers en stades plus avancés. 

« Nous avons aussi beaucoup plus de compréhension en ce qui en est de l’imagerie. Il y a eu une grande évolution dans ce qui était connu », ajoute Toren.

Selon le site du Movember, une des retombées majeures a eu lieu en 2009, lorsque les chercheurs ont réussi à différencier 25 types de cancer de la prostate.

Une baisse de popularité au Québec

Selon Zian Bernatchez, qui participe depuis plusieurs années au Movember, le mouvement était beaucoup plus populaire au début des années 2010 au Québec. Celui-ci pense que les Québécois ne s’investissent plus comme avant dans le défi. 

« Au début des années, 2010, il y avait une grande sensibilité pour le Movember. Maintenant, on en entend parler, mais on dirait que les gens se sont un peu lassés », remarque Bernatchez.

 Le Docteur Paul Toren est du même avis. Celui-ci explique que le Movember était très important au Canada comparativement au reste du monde il y a quelques années, mais que cette popularité a diminué depuis.