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Des pictogrammes pour améliorer la sécurité des aînés

13 décembre 2017 - 01:46

Le pictogramme est majoritairement utilisé lors d’un incendie. Mais il « pourrait même servir aux policiers, car s’ils doivent intervenir lors d’une plainte et qu’ils voient que la personne a des problèmes cognitifs, ils vont pouvoir interagir d’une autre façon », explique Jocelyn Cloutier, directeur de la résidence Jardins Lebourgneuf. (Crédit photo : Emmanuel Jacques)


Emmanuel Jacques

La résidence Jardins Lebourgneuf a mis en place des « Picto-Sécur » devant l’entrée de chacune de ses chambres pour faciliter les évacuations en cas d’urgence. Ce système est doté de trois codes de couleur. La couleur verte signifie que le résident est autonome et les couleurs jaunes et rouges indiquent que l’aîné a besoin d’aide lors d’une évacuation. Jocelyn Cloutier, directeur des Jardins Lebourgneuf, croit que le projet sera bientôt implanté dans toutes les résidences du Québec.

 

Est-ce difficile pour les occupants de révéler publiquement leur état de santé, surtout pour ceux qui sont identifiés avec la couleur rouge ?

La certification nous oblige à coder tous les résidents selon les trois codes de couleur. Mais à côté des couleurs, il y a des schémas qui précisent le problème du résident. Donc, pour ceux où il est identifié qu’ils ont une mobilité restreinte, problèmes cognitifs, perte visuelle […] c’est plus difficile. Mais sur 272 résidents, seulement une famille s’est opposée.

Outre les codes de couleur, le pictogramme a-t-il d’autres utilités ?

Oui, le pictogramme est composé d’une languette de soins qui va servir à signaler quand un préposé ou une infirmière va donner des soins dans la chambre, donc ça évite aux visiteurs d’aller les déranger pour rien […] Il est aussi important de mentionner que lorsqu’une personne évacue, elle doit tirer une languette sur le pictogramme pour indiquer aux autorités qu’elle a quitté la chambre, donc ça leur évite de perdre du temps. Le pictogramme indique aussi combien il y a de personnes dans la chambre.

Quelles étaient les mesures d’évacuation dans votre foyer avant l’arrivée des plaquettes ?

Les intervenants en urgence avaient une liste avec des codes de couleur, mais si tu as 10 pompiers et juste une liste, ça devient complexe. Maintenant, ils savent exactement ce qu’il en est, c’est détaillé et c’est un plus pour les autorités.

Pourquoi votre résidence est-elle la seule à avoir instauré des pictogrammes dans le secteur de Québec ?

Je suis allé dans une résidence à Victoriaville et pour eux, c’était un projet pilote et ça fait maintenant un an qu’ils utilisent des pictogrammes. J’ai trouvé l’idée intéressante et j’ai demandé si je pouvais en avoir pour Québec […] Une fois implanté dans ma résidence, j’ai voulu en parler puisque c’est un projet innovateur. Mon intervention a alors provoqué un « boom » médiatique […] J’ai reçu une trentaine d’appels de résidences et même d’autres établissements qui n’ont aucun lien avec les personnes âgées […] Ceux-ci s’informaient pour se l’approprier […] Le groupe de Victoriaville est en train de faire un manuel d’implantation pour aider le monde dans la gestion et pour améliorer les approches avec les résidents. Le but visé est que ça devienne une norme.

Est-ce que l’arrivée des pictogrammes a changé les relations sociales entre les personnes âgées ?

Pas pour l’instant. Mais pour le personnel, ça aide car l’intervenant va avoir une idée de la personne qui va être de l’autre côté. S’il est indiqué que la personne a des problèmes auditifs, il va parler plus fort. Si la personne a des problèmes visuels, il va se rapprocher, etc.

Allez-vous apporter des ajustements aux pictogrammes ou s’agit-il du prototype final ?

C’est assez complet, il faut que ça reste simple, les éléments en place sont les plus importants. Sinon ça va être trop d’informations et ce sera trop complexe.