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Média-école des étudiants en journalisme

Climat : les étudiants demandent un changement de cap

27 mars 2019 - 16:02

Marie-Ange Lauzon, étudiante en science politique à l’Université Laval, rappelle l’avertissement du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui prédit une augmentation moyenne de la température planétaire de 1,5 °C en 2034 si rien n’est fait. (Crédit photo : Louis-Philippe Dubé)


Louis-Philippe Dubé

Le mouvement étudiant « La planète s’invite à l’Université » a appelé les étudiants et les citoyens de Québec à manifester le 15 mars pour faire face à l’urgence climatique. Marie-Ange Lauzon, 22 ans, étudiante de première année en science politique à l’Université Laval, a séché ses cours pour se joindre à la protestation dans les rues de Québec. Insatisfaite de l’inertie gouvernementale, elle réclame un plan d’action clair pour lutter contre les changements climatiques.

C’est le manque de volonté politique qui freine la lutte aux changements climatiques, selon Marie-Ange Lauzon. Elle dénonce l’influence qu’ont l’argent et les lobbys sur le politique pour l’empêcher d’agir. « Des structures, au-dessus de nous, qui pensent tout en fonction de la rentabilité et du profit, tirent parti du statu quo. »

La militante presse les gouvernements de mettre en place un plan précis et ambitieux pour se sortir de l’économie du pétrole. Ce plan doit comprendre un investissement massif dans le transport en commun et des législations pour réduire les emballages en plastique. « On est rendu à un stade où les petites mesures individuelles ne sont plus suffisantes. »

Selon madame Lauzon, le plan doit être à la fois bon pour la planète et pour l’être humain. Le transport en commun et le transport actif, comme le vélo et la marche, doivent devenir les options les plus attrayantes, les plus rapides et les plus économiques. Sinon, les citoyens vont continuer à utiliser leur automobile. La logique est la même dans le domaine de l’alimentation. Les légumes cultivés localement doivent être les moins chers et vendus en vrac, sans emballage. « L’humain va faire des choix économiques qui lui facilitent la vie. En ce moment, ces choix sont souvent dommageables pour l’environnement. »

Marie-Ange Lauzon souligne l’incohérence du gouvernement fédéral face à la crise climatique et écologique. « Justin Trudeau s’est présenté comme un environnementaliste et il achète un oléoduc dans l’ouest du pays. Il faudrait que les bottines suivent les babines ! » L’absence d’un plan environnemental clair dans le programme du nouveau gouvernement caquiste de François Legault la choque tout autant. « Il doit se retrousser les manches et présenter un plan clair. S’il a besoin de suggestions, plusieurs groupes écologistes seront ravis de l’aider. »

Faire sa part

Les actions individuelles ne seront pas suffisantes pour limiter le réchauffement climatique, selon Marie-Ange Lauzon. Ça ne l’empêche pas de faire sa part. Elle n’a pas d’auto et se déplace à pied, à vélo ou en transport en commun. Quand c’est possible de le faire, elle privilégie l’achat de produits locaux ou en vrac. Elle suggère aussi la colocation comme moyen de réduire son empreinte écologique. « Si on est tout seul dans un logement, ça fait plus d’électroménagers et d’objets de toute sorte. »

Madame Lauzon ne croit pas qu’à elle seule, la manifestation du 15 mars fera bouger les gouvernements. Ce n’est que le premier chapitre d’un mouvement qui va prendre de l’ampleur. « Pour sauver la planète, les organismes écologistes doivent continuer de mobiliser la population. »

André Bélisle (manteau rouge), président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), et Catherine Dorion (tuque verte), députée de Québec solidaire, ont marché avec les étudiants pour contrer le changement climatique. (Crédit photo : Louis-Philippe Dubé)

Plusieurs participants, comme cette jeune manifestante, ont utilisé l’humour sur leurs pancartes pour exprimer leurs revendications écologistes (Crédit photo : Louis-Philippe Dubé)