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Changement dans la loi : les dronistes sont dans la ligne de mire

14 novembre 2018 - 21:17

Après une dizaine de minutes de pratique, n’importe quel utilisateur est en mesure de maîtriser les mouvements de base d’un drone comme celui-ci, explique Jonathan Buissière, directeur au développement des affaires chez DroneXperts à Québec. (Crédit photo : Guillaume Mathieu)


Guillaume Mathieu

Les amateurs de drones du Canada ont vu la loi sur les conditions d’utilisation de leurs appareils être modifiées et resserrées par le ministère des Transports du Canada le 2 novembre dernier. Jonathan Buissière, directeur au développement des affaires chez DroneXperts, un détaillant spécialisé en drones situé sur la rue Frank-Carrel à Québec, est au premier rang pour assister à ce phénomène. Bien que la nouvelle loi sur les drones semble plus restrictive pour les amateurs, M. Buissière estime qu’elle facilite grandement la vie des entrepreneurs faisant l’usage de cette technologie.         

Alors que les drones deviennent plus accessibles et abordables pour la clientèle ordinaire – certains modèles dépassant à peine 100 dollars canadiens – la législation qui encadre son utilisation emprunte quant à elle le chemin inverse. Neuf arrêtés d’urgence ainsi que trois ensembles de modifications ont été apportés à la loi initiale depuis le 13 mars 2017.

Le plus récent changement, celui du 2 novembre 2018, exige désormais que tous les utilisateurs amateurs de drones suivent une formation et répondent avec succès à un examen en ligne. « Transport Canada agit ainsi pour éviter que les utilisateurs enfreignent les règles en prétextant ne pas être au courant de celles-ci. Cela permettra sans doute d’éviter plusieurs incidents et contraventions », se rassure Jonathan Buissière.

Bien qu’il existe une multitude de règlements reliés au pilotage d’un drone récréatif (ne pas dépasser 90 mètres de hauteur, voler à plus de 30 mètres d’individus ou de bâtiments, ne pas s’approcher à moins de 5,5 kilomètres d’un aéroport) M. Buissière se réjouit de la souplesse du Canada en la matière. Certains pays, comme le Népal ou la Turquie, demandent un permis spécial desservi par le gouvernement alors que d’autres, comme Cuba ou l’Arabie Saoudite, interdisent simplement l’utilisation d’un drone sur leur territoire.

Facilité la croissance dans le milieu du travail

Ce changement législatif n’a toutefois pas que du négatif. Les entreprises n’auront plus à faire une demande d’autorisation au gouvernement pour chaque utilisation habituellement interdite au grand public. « Il s’agissait d’un frein majeur au développement des drone dans le milieu du travail. Le processus de demande de permis et d’autorisation pouvait durer de 2 à 6 semaines », précise Jonathan Buissière. Les corporations utilisant des drones dans le cadre de leur travail, notamment les agriculteurs, les topographes, les arpenteurs, les entrepreneurs généraux et certains inspecteurs d’Hydro-Québec, bénéficieront grandement de cette nouveauté.

Les drones ne permettent pas seulement de capturer de superbes images aériennes d’un monument ou d’un paysage. Ils servent également aux agriculteurs à détecter des maladies qui pourraient affecter leurs récoltes, aux arpenteurs à délimiter avec une plus grande précision un terrain aux dimensions titanesques et aux inspecteurs à accéder aux composants normalement inaccessibles par un homme. Ses usages sont nombreux et ne cesseront de croitre au cours des mois et des années à venir.