Rafael Ireta, propriétaire de la boulangerie La Molette sur la rue St-Jean à Québec, reste optimiste. Mais il aimerait que le gouvernement aide davantage les petits commerces qui ont ouvert pendant la pandémie. (Crédit photo : Aline Richermoz)

La pandémie de Covid-19 a eu de fortes répercussions financières pour nombre de petits commerçants québécois. La Molette est une boulangerie située rue Saint-Jean qui a ouvert il y a un an et demi, en pleine pandémie. Aujourd’hui, le patron, Rafael Ireta, vend encore à perte mais garde le sourire.

« C’est triste », regrette Rafael Ireta, le tablier noué autour de la taille. Propriétaire de la boulangerie La Molette sur la rue Saint-Jean à Québec, il est conscient des conséquences financières du coronavirus. Mais hors de question pour cet homme originaire du Mexique de perdre le sourire. « Depuis le début de l’année, on a perdu 30 % de chiffre d’affaires de la vente quotidienne », explique le boulanger. Pour lui, la Covid et le froid sont en cause. « Quand les restaurants et les commerces sont fermés et qu’en plus il fait froid, les gens ne vont pas se balader. Ils restent chez eux et donc ne viennent pas chez nous », affirme-t-il.

La boulangerie a ouvert il y a un an et demi, en pleine pandémie. Pourquoi cette décision ? À l’origine, Rafael Ireta préparait déjà du pain et des viennoiseries chez lui, puis les livrait à domicile. Mais quand le local dans lequel il est installé s’est libéré, il n’a pas hésité. « Je me suis dit que c’était l’occasion d’augmenter ma capacité de production », relativise celui qui a remporté le concours « C’est toi le chef » de l’Université Laval en 2018.

En ce moment, la situation est très difficile pour lui, mais cela n’a pas toujours été le cas. « Pendant le confinement de l’année passée, tous les restaurants étaient fermés. Ça nous a avantagés. Les gens venaient dans notre boulangerie parce qu’ils cherchaient à dépenser leur argent », explique le patron. Cette année, les commerces étaient fermés, mais les livraisons restaient possibles. Les clients préféraient donc rester chez eux et commander. Encore une fois, moins de passage dans les rues et donc moins de passage dans sa boulangerie.

Résilience et reconnaissance

Il y a plus d’une semaine, Rafael Ireta a dû fermer quelques jours les portes de sa boulangerie. En cause : certains de ses employés ont été testés positifs au Covid. « Avant ça, on a perdu de l’argent pendant plusieurs semaines parce que les ventes n’étaient pas assez nombreuses pour payer les salaires et la production », poursuit-il. Aujourd’hui, son chiffre d’affaires est toujours en baisse. Le propriétaire  a donc décidé d’ouvrir la boulangerie une heure après et de fermer deux heures avant. « On économise de l’argent en salaire. Mais c’est triste parce que nos employés gagnent moins à la fin du mois », indique-t-il désabusé.

Malgré la perte d’argent et les salaires plus bas, le boulanger est heureux de pouvoir ouvrir pour continuer de développer la créativité. « Ça remonte le moral de voir des gens tous les jours », s’enthousiasme-t-il. Il tient aussi à remercier le gouvernement qui a pris « les mesures à temps » pour que la situation sanitaire ne devienne pas « catastrophique ».

Rafael Ireta, patron de la boulangerie La Molette, a effectué une maîtrise en science et technologie des aliments à l’Université Laval et a créé l’association « Goûte ton propre pain ». (Crédit photo : Aline Richermoz)