Exemplaire : Média-école des étudiants en journalisme

Média-école des étudiants en journalisme

Heidi Levasseur, la sirène du Québec

22 mars 2017 - 19:44

Heidi Levasseur a dû mettre plusieurs aspects de sa vie sur le mode « pause » pour faire ce qu’elle aime le plus dans la vie : nager sur de très longues distances. (Crédit photo : Lory Gagnon)


Lory Gagnon, Marylie Laberge-Sevigny

Une jeune femme originaire de Québec s’apprête à devenir la première nageuse à traverser l’océan Atlantique. C’est en janvier 2018 que Heidi Levasseur devrait effectuer cette grande traversée. Le budget total du projet est estimé à près d’un million de dollars. La jeune athlète raconte ce défi d’envergure ainsi que les nombreux préparatifs nécessaires avant de se lancer. Rien ne doit être laissé au hasard.

Heidi Levasseur compte bien faire la traversée de l’océan Atlantique par ses propres moyens. Elle veut parcourir les 4 000 kilomètres qui séparent l’île africaine du Cap Vert de la Martinique dans les Caraïbes. Sur la distance totale, Heidi prévoit être en mesure de compléter 3 000 kilomètres à cause de certaines contraintes difficiles à contourner. Elle s’est fixé comme objectif de terminer cette traversée en deux mois et demi, à raison de 60 kilomètres par jour.

Ce défi est l’aboutissement d’un long parcours. C’est depuis l’âge de 5 ans qu’elle fait de la natation. Au départ, cette activité comblait ses temps libres. Mais ce sport est rapidement devenu une véritable passion pour l’athlète qui a commencé à faire des compétitions dès son entrée au secondaire. « C’est à 15 ans, en m’entraînant avec un club, que j’ai réalisé que j’avais du talent. J’ai découvert que j’avais de l’endurance et que j’étais plus forte sur les longues distances que sur les plus courtes », affirme l’athlète.

C’est à ce moment-là qu’elle a commencé à relever plusieurs défis, dont différentes traversées impressionnantes comme celle du lac Memphrémagog (elle a été la plus jeune atlhète à accomplir cet exploit). Elle a également nagé le Lac-Saint-Jean ainsi qu’une partie du fleuve Saint-Laurent.

Tout doit être planifié

Ce projet d’envergure nécessite une foule de ressources très dispendieuses et demande une longue préparation très élaborée sur différents plans. La jeune nageuse d’à peine 30 ans doit gérer l’organisation de l’aventure en entier, tout en s’assurant de la rigueur de son entraînement. Heidi doit en effet pratiquer des exercices réguliers et rigoureux. Ainsi, elle s’entraîne en salle à raison de deux fois par semaine et procède à un entraînement de nage quatre fois par semaine.

Outre ses entraînements, l’athlète doit avoir une alimentation très saine et complète pour prévenir l’apparition de problèmes de santé. Les protéines et les glucides sont au centre de son régime alimentaire. Elle affirme également devoir manger du foie de veau, au minimum une fois par semaine, afin de ne pas tomber en anémie.

Aussi, elle voit régulièrement une chiropraticienne et une ostéopathe qui lui assurent une bonne condition physique. La chiropraticienne lui permet de travailler sur la structure de façon générale. L’ostéopathe, quant à elle, travaille plutôt en profondeur sur les blessures du passé, par exemple.

En plus de cette préparation personnelle, elle doit assurer la gestion des différents volets de son projet : la recherche de partenaires et de commanditaires, l’embauche de son équipage ainsi que l’achat d’un bateau et d’équipements spécialisés.

Sur le bateau, elle pourra compter sur la présence du capitaine, du premier maître pour seconder le capitaine, d’un scientifique documentant l’expédition, d’une chiropraticienne, d’un kayakiste-caméraman ainsi que de son conjoint.

À ses risques et périls

À quelques mois de la grande traversée, Heidi est confiante par rapport à ce défi. Par contre, elle est consciente qu’il y a tout de même certains risques difficiles à contrôler : « Ce sont les requins qui me font le plus peur. Même s’il y a des moyens de les éviter et de les repousser, ils sont tout de même là ! » En plus de ceux-ci, Heidi affirme qu’il y a des poissons très dangereux. Leurs attaques peuvent blesser gravement, et même faire perdre la vie. Par contre, le risque d’être victime d’une attaque de requin ou de subir des blessures occasionnées par des poissons est heureusement très faible.

Quoi qu’il en soit, des dispositifs seront installés sur le bateau pour diminuer les risques présents. Par exemple, comme les requins ont une ouïe très développée, des ultrasons seront utilisés pour les repousser.

La traversée de l’océan Atlantique est un projet d’une grande envergure qui sort de l’ordinaire. Cette aventure nécessite un grand engagement de la part d’Heidi, mais elle se dit prête. « Une de mes plus grandes motivations est d’être la première femme à réaliser cet exploit-là. Depuis que je suis très jeune, je dis à ma mère que je veux faire quelque chose que personne n’a fait. »