Québec – Les 3 et 4 avril derniers, Montréal et son Stade olympique ont attiré plus de 96 500 spectateurs dans le cadre des deux parties préparatoires entre les Blue Jays de Toronto et les Reds de Cincinnati. L’assistance a surpassé celle de l’an dernier, alors que ces mêmes Blue Jays avaient affronté à deux reprises les Mets de New York.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, à la partie des Blue Jays de Toronto contre les Reds de Cincinnati, le 3 avril dernier, au Stade olympique
Le maire de Montréal, Denis Coderre, à la partie des Blue Jays de Toronto contre les Reds de Cincinnati, le 3 avril dernier, au Stade olympique — Crédit photo : Jonathan Lachance-Lemieux

Aux yeux de Jacques Doucet, la voix légendaire qui annonçait les parties des Expos de Montréal, la popularité des matchs qui ont eu lieu à Montréal au printemps 2014 et récemment  « a donné un message au Baseball majeur que la fièvre du baseball à Montréal est toujours vivante ». Mais ce qui est encore plus important selon lui, c’est le message donné aux investisseurs potentiels : « S’il y a quelqu’un qui a de l’argent à mettre dans une équipe de baseball majeur, ce ne sera pas en vain ; il y a des gens qui sont intéressés à l’appuyer ».

Il reste que certaines conditions, notamment financières, doivent être remplies pour que la Ville de Montréal puisse accueillir à nouveau un club de baseball professionnel.

Un déménagement permettrait peut-être  qu’une équipe de baseball professionnel vienne s’établir à Montréal. Jacques Doucet semble plutôt optimiste quant à cette option et regarde du côté des A’s d’Oakland.

Pourtant certaines personnes, qu’elles soient amateures de baseball ou pas, sont plutôt sceptiques quant à l’éventualité qu’un club de baseball revienne à Montréal, et ce, surtout sur le plan de la rentabilité. Jacques Doucet ne fait clairement pas partie du clan des sceptiques : « Une équipe du Baseball majeur avec le partage des revenus commence la saison avec 40-45 millions de dollars en caisse. Si tu sais administrer le moindrement ton affaire, il n’y a pas de déficit à la fin de l’année. Alors, à ce moment-là, il n’est pas difficile de croire que tu peux commencer la saison avec une possibilité de faire entre 85 et 100 millions par année ».

L’Exemplaire a aussi interrogé Michel Laplante, Président-directeur général des Capitales de Québec, afin de savoir s’il croyait au retour d’un club du Baseball majeur à Montréal dans les prochaines années. Il l’espère, mais le coût lui paraît prohibitif :

Michel Laplante s’est également arrêté sur le cas des  Rays de Tampa Bay, une franchise en difficulté qui évolue au sein de la division la plus prestigieuse du Baseball majeur, la division Est de la Ligue américaine. Il souligne l’importance des retombées pour Montréal si un déménagement avait lieu :

Un expert beaucoup moins optimiste

Par contre, monsieur André Richelieu, professeur titulaire et expert en marketing du sport à l’École des sciences de la gestion (ESG) à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), estime que l’arrivée d’un club du Baseball majeur à Montréal semble très peu probable, surtout à court terme. « N’oublions pas qu’à l’heure actuelle, il n’y a pas de plan d’expansion du côté du Baseball majeur. Les rumeurs que l’on entend concernant les Rays de Tampa Bay sont davantage des spéculations », a prévenu M. Richelieu. « Montréal est une ville candidate qui, pour réaliser son rêve, a besoin du malheur des autres », a-t-il lancé par ailleurs.

Cet expert rappelle qu’au baseball, « on estime que ça prend entre 20 000 et 25 000 personnes par match pour que le club soit rentable », ce qui est arrivé à quatre reprises seulement dans l’histoire des Expos des Montréal.
« L’objectif de ramener une équipe, c’est bien beau, mais l’expérience de gestion qu’on a connue à Montréal a été traumatisante et ne m’a pas convaincu qu’on pourrait la garder. Qu’est-ce qui serait différent aujourd’hui? », a conclu M. Richelieu.