« Je crois que les expatriés français ont fait une différence lors des dernières élections présidentielles françaises », affirme Isabelle Thionville, Canadienne d’origine française depuis maintenant 22 ans. (Crédit photo : Bryan Rochon)

Lors d’une élection, de nombreux citoyens s’abstiennent de voter en refusant de se présenter aux urnes pour faire entendre leur voix. Cependant, pour certains expatriés comme Isabelle Thionville, Française d’origine résidant aujourd’hui au Canada, exercer son droit de vote et se garder informée des enjeux de son pays natal est une obligation pour elle.

« Avoir l’opportunité d’exprimer mon opinion et d’exercer mon droit de vote dans mon pays natal est pour moi un devoir que je me dois d’honorer », souligne Isabelle Thionville d’origine française habitant maintenant à Québec depuis 22 ans. En effet, pour plusieurs expatriés comme elle, avoir la chance de faire entendre ses opinions politiques et ses valeurs en votant dans son pays natal demeure essentiel.

Lors de la dernière élection fédérale canadienne du 21 septembre dernier, plus de 45 000 Canadiens vivant à l’étranger ont fait la demande pour pouvoir voter à distance. L’Association canadienne des expatriés avait même prédit qu’un plus grand nombre de Canadiens expatriés allaient voter lors de ces élections que les précédentes en 2019.

Vivant au Canada depuis plus d’une vingtaine d’années, Isabelle Thionville réalise bien que l’importance accordée à certains enjeux politiques et sociétaux n’est pas la même entre son pays d’origine et celui d’adoption. Selon elle, les sujets comme l’immigration et l’intégration des immigrants dans la société sont plus sensibles en France qu’au Canada.

Elle donne en exemple les bonnes performances  lors de la dernière élection  présidentielle en France du Rassemblement national (anciennement Front national), parti politique d’extrême droite dont les politiques ne sont pas favorables à l’immigration.

Pour elle, suivre l’actualité politique dans son pays d’origine lui permet de « rester connectée avec les enjeux importants se déroulant en France. » Elle indique aussi qu’en restant informée, cela lui permet de mieux comprendre la réalité de ses proches, vivant toujours en Europe. Elle affirme donc comprendre pourquoi le désir de voter des expatriés canadiens était aussi présent en 2021. 

Meilleur accès à l’information

Pour madame Thionville, il est évident qu’il est beaucoup plus facile d’avoir accès à l’actualité politique de son pays d’origine en 2021 que lors de son arrivée au Québec il y a 22 ans : « Aujourd’hui, avec Internet, TV5 pour ma part, ou encore YouTube, c’est très facile de rester informé si on le désire. » Elle mentionne que l’abonnement en ligne à des journaux ou le relais d’information par certains membres de la famille peut aider à éclaircir certaines nouvelles lorsqu’on a besoin d’aide pour faire un choix éclairé.

La prochaine élection présidentielle française aura lieu en avril 2022. Isabelle Thionville compte bien exercer son devoir de citoyenne en votant pour le candidat de son choix. Elle se dit même confiante sur le succès du vote par la poste des expatriés français malgré la pandémie actuelle et le retard de la poste dans certains pays : « Je suis convaincue qu’ils (le gouvernement français) trouveront une solution. »