Les travaux menés par Frédéric Raymond, professeur adjoint à l’École de nutrition de l’Université Laval, ont mis en lumière la modification de la flore intestinale, ou microbiote, par les antibiotiques chez des sujets sains. Dans un article publié en 2016 dans la revue Journal International Society for Microbial Ecology, les chercheurs ont relevé une augmentation de la présence de certaines bactéries porteuses de gènes de résistance aux médicaments après un traitement aux antibiotiques.

Selon l’étude, chez les participants ayant une flore intestinale peu diversifiée et de type Bacteroides, caractéristique du régime alimentaire occidental, des bactéries potentiellement pathogènes ont été mises en évidence, elles aussi porteuses de gènes de résistance. Les effets ont cependant été transitoires et la flore intestinale initiale s’est reconstituée en quelques semaines.

« Comprendre l’impact de la prise d’un antibiotique sur la composition du microbiote en général mais plus particulièrement, aller mesurer l’effet sur la sélection de gènes de résistance aux antibiotiques qui seraient déjà présents chez les bactéries », résume Frédéric Raymond sur l’objectif de son étude. Soutenu par une subvention du Consortium québécois pour la découverte du médicament à hauteur de 2 millions de dollars, ce projet a eu recours à des techniques à la fin pointe de la technologique pour étudier le matériel génétique bactérien.

« En connaissant la composition du microbiote, on pourrait prédire sa réponse, on serait capable de prédire si la personne est plus à risque de certains effets adverses d’un antibiotique ». Alors que la surexposition aux médicaments à travers la médecine et l’agriculture entraine une augmentation de l’expression de gènes de résistance, Frédéric Raymond et son équipe poursuivent aujourd’hui leurs travaux pour en évaluer l’impact sur la santé.