L’arrivée du coronavirus au Québec a contraint un grand nombre d’étudiants universitaires à suivre leurs cours à distance depuis le printemps dernier. Toutefois, cette formule a des impacts considérables sur le bien-être psychologique de plusieurs d’entre eux, dont Léa-Hanser-Dion, étudiante au baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire à l’UQAR. Pour elle, des études en temps de pandémie représentent une grande source d’inquiétude et d’anxiété.
Depuis mars dernier, la crise sanitaire force plusieurs étudiants universitaires à relever de nombreux défis. Ils doivent notamment se plonger dans un univers scolaire inhabituel et adopter des méthodes de travail complètement différentes. Mais surtout, ils doivent faire face à un manque de socialisation. Ces défis occasionnent chez plusieurs d’entre eux une perte de motivation et engendrent parfois même de l’anxiété grave.
À partir du 8 octobre, la majorité des étudiants fréquentant les établissements d’enseignement supérieur ont dû commencer à suivre uniquement leurs cours de façon virtuelle. Selon Léa Hanser-Dion, cette formule d’apprentissage ne devrait pas être imposée à tous les élèves, ne convenant point aux besoins de chacun. « Si certains apprennent mieux en lisant des textes seuls, ce n’est pas mon cas, déplore-t-elle. Si ce n’est pas interactif, je perds le fil. »
Elle craint que ses études puissent souffrir gravement de la pandémie. En effet, en ligne, les élèves sont livrés à eux-mêmes et il est ardu d’obtenir un cadre de travail clair, déclare-t-elle. N’étant pas à l’aise dans l’incertitude, cette situation lui occasionne beaucoup d’inquiétude. « J’ai toujours peur d’échouer ou de ne pas être performante. Mais avant, ce n’était pas comme ça », confie Léa Hanser-Dion.
Prise au piège
L’épidémie de Covid-19 a rendu le passage à l’université particulièrement difficile pour l’étudiante de première année. Les rassemblements étant interdits à la rentrée, elle n’a pas eu l’occasion de rencontrer des personnes partageant le même cursus scolaire qu’elle. Le coronavirus lui a coupé l’herbe sous le pied et aujourd’hui, elle se retrouve sans repères dans un milieu inconnu.
La solitude assombrit le moral et exacerbe l’anxiété de plusieurs étudiants, explique la jeune Québécoise. En effet, cloitrée dans son appartement tous les jours, elle peine à trouver la motivation de réaliser ses travaux. « J’ai de la misère à me lever le matin et me dire que ça va être une belle journée, parce que je sais que je vais passer des heures complètement seule devant mon écran », avoue-t-elle tristement.
Le bien-être psychologique de l’étudiante est d’autant plus affecté par la pandémie après l’arrêt forcé des activités sportives de groupe. En effet, celles-ci lui permettaient, durant cette crise éprouvante, de voir des gens, mais surtout de diminuer son stress.
Léa Hanser-Dion comprend les décisions du gouvernement, mais craint pour la santé mentale des étudiants. « Oui, on est tous dans le même bateau, mais si ça continue comme ça, on va tous couler », se désole-t-elle.


















