Sujet morbide par excellence. Les soins de fin de vie, le suicide assisté, l’euthanasie : autant de tabous auxquels on préfèrerait ne pas penser. Et pourtant les malades en phase terminale ont le droit à ce qu’on ne les ignore pas. Ils ont le droit à ce qu’un débat de fond s’engage, au nom de leur dignité.

 

Source : Assisted dying debate: The key questions http://www.bbc.com/news/health-28310868
Source : Assisted dying debate: The key questions
http://www.bbc.com/news/health-28310868

 

La vie en société impose certes ses compromis, entre notamment l’épanouissement des libertés individuelles et le respect des lois par tout un chacun. Dans la mort, cependant, quand vient le moment de vérité, et qu’on a perdu nos moyens de bien vivre, la société est-elle en droit de nous forcer de continuer ? « Allez, courage » : une, deux, quelques semaines de plus de douleur atroce en soins palliatifs. Quelle est la limite ? Qui décide ?

La souffrance, de fait, est par définition personnelle. Et puis, on meurt, hélas, seul. Est-ce aux autres de nous imposer leur comment ? La loi peut-elle nous contraindre de continuer à vivre, diminués et dans la souffrance ? En quoi est-ce que la décision personnelle de mettre fin à ses jours doit être prise par autre que soi-même ?

Certains préfèreront que leurs enfants ne les voient pas amoindris par la sclérose en plaques, détruits par la maladie d’Alzheimer, écrasés par le cancer du pancréas. D’autres, imbus d’un altruisme déplacé, ne voudront pas être un fardeau pour leurs êtres chers dans leur vieil âge. Les opposants de l’euthanasie dénoncent le risque des scénarios cauchemars : les bénéficiaires futurs d’un legs testamentaire qui mettent la pression sur la grand-mère pour qu’elle signe son arrêt de mort, dans « l’intérêt général de la famille ».

Plus nos sociétés vieillissent, en effet, plus les questions de fin de vie prendront de la place dans le débat public. La tendance vers la libéralisation des droits individuels s’amplifie. Les libertariens justifient par exemple la légalisation des drogues douces et le mariage pour tous. Il s’agirait de questions personnelles, et non de société. Et l’euthanasie alors ?

 

L’euthanasie, tour d’horizon des législations

Dans plusieurs pays du monde, il n’existe aucune législation sur l’euthanasie. C’est encore trop controversé pour que les législateurs s’y penchent sérieusement. En Europe, par contre, les législations bougent et évoluent. Dans une poignée de pays, des lois sur l’euthanasie, passive ou active, voient le jour.

 

Source : http://www.lefigaro.fr/assets/infographie/print/1fixe/201407_europe_euthanasie.png
Source : http://www.lefigaro.fr/assets/infographie/print/1fixe/201407_europe_euthanasie.png

 

Attitudes et perceptions internationales

 

 Source : http://www.economist.com/assisted-dying
Source : http://www.economist.com/assisted-dying

 

Perceptions et croyances fondamentales chrétiennes

En général, les croyants chrétiens du monde sont contre l’euthanasie. Leurs arguments sont basés sur la croyance que la vie est un don de Dieu. L’être humain est créé à son image. L’Église dit qu’il ne faut pas interférer dans le processus naturel de la mort. Ce n’est pas à l’être humain de se méprendre pour Dieu, de poser des jugements qui vont au-delà de son entendement, des jugements de valeur quant à la qualité d’une vie humaine, quant à son déclin. Dieu, seul, créa la Terre et le Ciel. Dieu Seul donne la vie. Et Dieu seul donne la mort. Ainsi soit-il.

 

“Euthanasia is a grave violation of the law of God, since it is the deliberate and morally unacceptable killing of a human person”. Pope John Paul II, Evangelium Vitae, 1995