Au lendemain des législatives en Islande, tenues le 29 octobre dernier, les Pirates issus de leur parti politique, connaissent une montée fulgurante, sans toutefois atteindre la majorité, selon les premiers résultats. Au Canada, l’effervescence que connaît le parti est moindre depuis son apparition officielle le 12 avril 2010 sur l’échiquier politique. Avec une reconnaissance comme membre officiel à la Chambre des communes, il est désormais possible pour ce parti de se lancer à l’assaut de la scène politique canadienne. C’est une tout autre histoire pour l’implantation de la branche provinciale au Québec, qui lance la serviette avant même de livrer bataille.
C’est à la suite du scandale des Panama Papers que des élections anticipées ont été organisées en Islande, dans le but de remplir les 63 sièges du parlement. Les premiers résultats partiels ont révélé une forte poussée du Parti pirate à l’issue du scrutin tenu le 29 octobre dernier. En 2013, lors des élections précédentes, le parti a remporté le troisième rang en obtenant 10 sièges à son actif sur les 63 disponibles. Selon le politologue Jean Cloutier, c’est une occasion en or pour le parti de mieux faire connaître ses fondements basés sur la transparence des données gouvernementales, sur la promotion de la neutralité du web et sur la réforme des droits d’auteur.

Concrètement au Canada
Jean Cloutier raconte que dans le mandat que s’est donné le Parti pirate du Canada, à travers les nombreux thèmes de sa plateforme électorale est entre autres, de promouvoir le gouvernement libre. « C’est avant tout un mouvement citoyen », confirme Jean Cloutier. Le politologue parle de valeurs et d’idées capables de mener à terme un projet de société. L’accès libre à l’information demande aux principaux acteurs gouvernementaux concernés de démocratiser les données produites par le gouvernement. Les développements technologiques doivent ainsi contribuer à une meilleure compréhension de la vie sociale en utilisant des formats libres sans être protégés.
Échec québécois
La tentative du Parti pirate de se faire reconnaître par le DGEQ (Directeur général des élections du Québec) en 2010 s’est avérée un échec total au Québec. En 2012, lors des manifestations étudiantes, la participation du Parti pirate a fait couler beaucoup d’encre et a provoqué une certaine confusion idéologique au sein de la communauté citoyenne. Ses membres vêtus de noirs et souvent cagoulés ont été accusés d’actes de violence et de saccages déroutant ainsi les manifestations de leurs intentions premières, la marchandisation de l’éducation. Cet anarchisme social, déguisement des Pirates, a contribué d’une certaine façon à lancer la serviette avant le temps, mettant ainsi un terme à l’objectif de devenir un parti politique reconnu par l’Assemblée nationale du Québec.
Né en Suède
Le mouvement citoyen est né en Suède en 2008. Depuis sa naissance, il a déjà conquis plus de trente pays à l’échelle planétaire. La formation politique a connu un franc succès dans 6 pays d’Europe, en accédant ainsi à la reconnaissance des parlements. Le parti revendique essentiellement la réforme des lois agissant sur la démocratisation de la réalité numérique. « Si le parti connaît sa part de succès dans certains pays d’Europe et dans la plupart des pays scandinaves, son élan est beaucoup moins rapide dans d’autres pays comme les États-Unis et le Canada, tout particulièrement dans la province du Québec », analyse le politologue Jean Cloutier.
Plusieurs raisons expliquent les ratés du parti à différents endroits sur le globe. Une part du blâme est jetée sur le système électoral basé sur un scrutin uninominal comme c’est le cas aux États-Unis. D’autres obstacles structurels s’ajoutent à la liste noire synthétisant ainsi la baisse des votes comptabilisés en faveur du parti politique. L’impossibilité de voter par la voie d’Internet en est un autre bon exemple qui semble grandement affecter l’électorat plutôt jeune du parti et beaucoup moins engagé…

















