Alors que l’épidémie d’Ebola a déjà fait des milliers de victimes dans cinq pays d’Afrique de l’Ouest, d’autres pays voisins se préparent à l’arrivée de la maladie. Au Ghana, des mesures sont mises en place alors que la population semble indifférente.

Selon les prévisions du professeur Alessandro Vespignani de l’Université Northeastern de Boston, repris dans plusieurs médias à travers le monde, le Ghana serait le pays le plus susceptible d’être touché par une propagation du virus. Selon l’étude, les chances qu’un tel scénario se produise sont supérieures à 50 %.

Pourtant, dans la capitale ghanéenne, peu d’indices laissent croire que le pays est menacé par une épidémie sans précédent. Selon Mélissa Prévost, une Québécoise travaillant pour le Human Rights Advocacy Center, le virus Ebola n’est pas un sujet de discussion très populaire dans les rues d’Accra. «Ce n’est pas quelque chose qui est important pour les gens dans leur vie quotidienne, explique-t-elle. C’est devenu un running gag puisque le Ghana n’est pas encore touché.»

Bien que le sujet ne soit pas sur toutes les lèvres, des mesures de sensibilisation ont été prises par le gouvernement ghanéen. Par des publicités à la télévision et par des affiches placardées dans la ville, on incite les gens à prendre des précautions sanitaires. « Ici, les gens se serrent beaucoup la main, se touchent beaucoup. On encourage les gens à se laver les mains et à éviter le contact avec les gens qu’ils ne connaissent pas », ajoute Mélissa Prévost. À son arrivée à l’aéroport d’Accra, la Québécoise a tout de même dû se soumettre à des tests sanitaires. « Quand je suis arrivée, j’ai été accueillie par des gens avec des masques, des gants… La première chose qu’ils ont faite, c’est prendre notre température. À côté de moi, quelqu’un arrivait de Freetown, [en Sierra Leone], mais il n’a pas eu de problème à traverser », nuance-t-elle.

Quartier général

Accra est devenue dimanche dernier le centre nerveux de la lutte au virus Ebola en Afrique de l’Ouest. La Mission des Nations Unies pour la lutte contre Ebola (UNMEER) y a installé son quartier général afin de coordonner les efforts pour mettre fin à la progression de l’épidémie dans la région. Cette « mission sanitaire d’urgence » a aussi pour objectif de « préserver la stabilité et prévenir la propagation vers les pays qui ne sont actuellement pas affectés », peut-on lire dans le communiqué officiel de l’organisme. Les 250 employés auront à leur disposition près de deux millions de combinaisons protectrices, 47 véhicules tout-terrains et jusqu’à 18 hélicoptères.

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