Le 11 septembre 2001, une de ces dates gravées dans nos mémoires. Jeunes ou moins jeunes, nous avons tous été les témoins incrédules de l’horreur du monde, celle-là même qui nous paraissait si lointaine est brusquement devenue proche.
Comme le disait le philosophe français Jean Baudrillard, « nous avons affaire, avec les attentats de New York et du World Trade Center, à l’événement absolu, la « mère » des événements, à l’événement pur qui concentre en lui tous les événements qui n’ont jamais eu lieu ». Le 9/11 est le début de notre XXIe siècle : nous, la génération média, accro au direct, sommes devenus la génération du World Trade Center.
Nous voilà treize ans plus tard, toujours aussi troublés. Alors, c’est peut-être ici que le bât blesse. Après tout, cette émotion ne serait-elle pas l’expression de notre nombrilisme occidental? Celui qui nous fait penser que rien d’autre n’a été si important depuis ce fameux 11 septembre. Après tout, le monde a connu depuis des guerres et désastres bien plus coûteux en vies humaines . Pourquoi ne serions-nous pas la génération du tsunami meurtrier d’Indonésie qui a fait plus de 270 000 victimes ? Celle du séisme en Haïti qui a fait plus de 100 000 morts ? Ou la génération des 10 000 disparus de Katrina à la Nouvelle-Orléans ? Et pourquoi pas celle de la guerre civile syrienne, dont le nombre de victimes et de réfugiés ne cesse de s’accroître ?
Nous ne remettons pas en question le nombre insupportable des victimes, ni l’ampleur dramatique de ces événements. Finalement, ce qui nous paraît important encore aujourd’hui, ce n’est pas l’écroulement des Twin Towers mais bien la force symbôlique qui s’en est dégagée : les États-Unis d’Amérique, dont le territoire avait été épargné durant trente années de Guerre froide, paraissant depuis lors intouchables, ont été frappés d’une balle en plein cœur.
La portée du 9/11 va bien au-delà de ses 2 973 victimes, le monde occidental a depuis fait face à une nouvelle menace, qui lui était jusqu’alors inconnue. Le caractère particulier des attaques du 11 septembre a engendré une réaction particulière et annoncé une guerre d’un nouveau genre, de celles qui marquent l’Histoire : la guerre contre le terrorisme.
Au nom du 11 septembre, le « monde libre » a affronté cet ennemi insoupçonné. Après l’Afghanistan en 2001 et l’Irak en 2003, le chemin parcouru dans cette guerre est plus que contestable. Celle-ci a entraîné de lourds dommages collatéraux, anéanti des systèmes politico-économiques, ravagé des territoires ; des populations entières ont été déplacées et le nombre de morts se compte par centaine de milliers.
Saurons-nous tirer les leçons de ces treize dernières années ? Alors que le gouvernement américain a clairement exprimé sa volonté de combattre militairement l’État Islamique avec une coalition internationale à ses côtés. Il est désormais de notre responsabilité d’aborder ce conflit non plus avec émotion, mais avec réflexion et prudence.
Finalement au lendemain du 11 septembre 2014, le devoir de mémoire est nécessaire, comme instinctif. Nous abordons aujourd’hui cette date non pas comme le symbole immuable qu’elle représente, mais comme un prétexte, une occasion de regarder notre présent avec lucidité et essayer de le comprendre d’avantage.
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Pour faciliter votre lecture de ce dossier, nous publions également un petit glossaire afin de mettre ou de remettre un définition sur les termes utilisés dans l’actualité du Proche-Orient.


















