Pyongyang mène depuis des décennies une politique hostile contre les pays « ennemis ». Son programme nucléaire constitue un sujet diplomatique majeur entre les deux Corées, le Japon et les États-Unis. Les provocations continuent.
La Corée du Nord a tiré deux missiles balistiques en mer le 2 mars dernier, promettant de mener « des frappes sans pitié » contre les États-Unis et la Corée du Sud. Les deux pays alliés étaient en pleines manœuvres militaires conjointes annuelles dans cette région asiatique.
Ce message d’hostilité n’a rien de nouveau : trois semaines plus tôt, cinq missiles nord-coréens avaient parcouru 200 kilomètres avant de finir en mer du Japon. « Sous le règne de Kim Jong-un [arrivé au pouvoir fin 2011], les tirs de missiles de la Corée du Nord sont devenus plus fréquents », note le Wall Street Journal dans un article publié en ligne le 1er mars. Plus de 100 missiles ont été en effet tirés durant la seule année 2014.
Les armes nucléaires en Corée du Nord sont un sujet diplomatique particulièrement sensible, notamment entre la Corée du Sud, le Japon et les États-Unis. Pyongyang s’est retiré du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en 2003, après avoir été accusé de mener un programme clandestin depuis des années.
Des négociations multilatérales en vue d’une dénucléarisation de la péninsule coréenne n’ont pas donné de résultats : le pays procède à un essai nucléaire le 9 octobre 2006 et à un second, « plus puissant et sans ambiguïté sur sa nature », le 25 mai 2009, ainsi qu’un troisième le 12 février 2013. Pékin et Pyongyang ont proposé, en 2014, la reprise des pourparlers : la Corée du Nord renoncerait à ses armes nucléaires en contrepartie d’un accès au nucléaire civil et de garanties de non-agression par les États-Unis, c’est-à-dire un traité de paix et une reconnaissance complète.
Très avancé dans la course aux armements, ce pays qui vit sous « la seule dynastie communiste de l’Histoire » est paradoxalement un des plus pauvres de l’Asie. Depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953) qui a coupé le pays en deux, ce régime « de type stalinien » enferme son peuple, estimé à 25 millions d’habitants aujourd’hui, dans une « prison à ciel ouvert », sous le pouvoir suprême de la famille Kim. La zone démilitarisée du 38e parallèle, qui sert de frontière avec la Corée du Sud, est en effet surveillée par plus d’un million de soldats. Au nord-est et au nord, où les voisins sont respectivement la Russie et la Chine, des alliés de l’ancien bloc communiste, les frontières ne sont pas moins protégées.
Pékin, qui a soutenu Pyongyang lors de la guerre de Corée, est devenu son principal allié depuis la disparition de l’URSS. Cette puissance asiatique est aussi son premier partenaire commercial et le premier investisseur étranger en République populaire démocratique de Corée (RPDC). 61,6 % des importations nord-coréennes viennent de Chine, et 67,2 % des exportations du pays sont pour la destination de ce voisin.



















