Après l’échec du Sommet de Copenhague en 2009, la conférence de Paris sur le climat l’année prochaine sera-t-elle l’événement qui relancera un processus international sur l’environnement ? Avec des objectifs contraignants pour lutter contre le réchauffement de la planète, signés aussi par les pays les plus pollueurs ? Car le changement climatique est aujourd’hui une réalité.
«L’environnement, ça commence à bien faire !» Cette phrase de l’ancien président français Nicolas Sarkozy avait fait beaucoup parler en Europe en 2010. La même année, le Sénat canadien abandonnait le projet de loi sur l’environnement, pourtant voté par la Chambre des communes. Et si ces deux faits étaient révélateurs de ce que pensent les politiques ?
Dans son dernier rapport, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) table sur une hausse de la température moyenne de la terre de près de 1 degré Celsius… dans le cas le plus optimiste. À la fin de notre siècle, les différences entre zones sèches et zones humides vont s’accroître et le niveau des mers va augmenter, tout cela favorisant l’apparition de réfugiés climatiques. Selon le site Planetoscope, une personne par seconde doit déménager à cause d’un problème lié au climat, notamment en Asie. Inondations, sécheresses, tempêtes, érosion du sol, le climat est un des sujets qui concerne tout le monde mais n’intéresse que peu de gens. Et donc peu de politiques.
Une personne par seconde doit déménager à cause d’un problème lié au climat.
Egoïsme ? Car l’impact que nous laissons aujourd’hui ne se verra vraiment que demain, voire après-demain. Est-ce une raison pour ne pas agir dès maintenant ? La crise a relégué cette question très loin derrière les préoccupations économiques. Pourtant, l’environnement crée des emplois et peut être un nouveau moteur économique, défendent les écologistes. Mais les gens sont encore loin de voter en fonction de l’environnement et pour cette « croissance verte ». Car notre première préoccupation, c’est le présent. Jusqu’à ce que la nature reprenne ses droits et nous barre la route. Littéralement ou non.
Mais ne soyons pas trop pessimistes. Aujourd’hui argument marketing des entreprises, l’environnement pourrait avoir des droits si on s’en donnait la peine. Dans ce dossier, certains sont des précurseurs, à l’image de Bea Johnson et sa famille, qui réussissent à vivre en produisant le minimum de déchets. Et si on multipliait ces initiatives ? Reste aux politiques à suivre la marche ou à lancer des initiatives. La conférence de Paris en 2015 devrait être un nouveau départ pour l’environnement alors que la crise économique se termine. Reste à convaincre tout le monde de participer.
Le Premier ministre du Canada, Stephen Harper, ne s’est pas donné la peine de participer au sommet onusien de septembre sur le climat. Même chose pour la Chine, l’Inde, la Russie et le Japon, respectivement 1er, 3e, 4e et 5e pollueurs mondiaux en volume. Les États-Unis en bon deuxième dans ce classement, ont tout de même participé au somme de New-York, mais pour des raisons très différentes. Il est facile de donner des leçons quand on est un pays d’ores et déjà développé, et qu’on peut payer pour polluer.
Pour les pays en développement, il s’agit de produire plus et mieux dans le même temps. Et c’est souvent le premier objectif qui gagne. Pour l’instant ? La planète ne pourra attendre éternellement…
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Un dossier réalisé par le groupe Actualité internationale

















