Les Journées du patrimoine religieux permettent de mettre de l’avant les églises québécoises et leur patrimoine comme pour l’église Saint-Dominique. Cependant, le Conseil du patrimoine religieux du Québec, en charge de l’aide financière pour la restauration du patrimoine religieux québécois, a lancé un appel aux dons afin de perpétuer ces journées, car il n’est plus en mesure de les organiser sans soutien financier supplémentaire. Les journées du patrimoine religieux permettent de mettre de l’avant les églises et de montrer concrètement aux visiteurs la mission de restauration et de requalification du Conseil. Mais sans ces dons, c’est l’évènement qui pourrait être voué à disparaître.

Intérieur de l’église Saint-Dominique durant les Journées du Patrimoine religieux. L’église est présente depuis 1929, son intérieur entièrement en bois a été parachevé en 1946 (photo : Hermione Durocher / L’Exemplaire).

Durant les Journées du Patrimoine religieux, l’église Saint-Dominique a ouvert ses portes aux visiteurs. Toujours en activité, elle repose sur plusieurs sources de financement, explique Michel Jobin, président de l’assemblée de fabrique : « Notre financement provient de nos fidèles, de quelques donateurs et de quelques mécènes. Cela se partage de la façon suivante : il y a les quêtes dominicales et la capitation ou dîme. C’est donc une grande partie de notre financement. » Grâce à ces dons, l’église continue d’organiser diverses activités religieuses, des concerts, etc.

Boîtes à don de l’église Saint-Dominique. Les dons des fidèles et non-fidèles sont l’une des principales sources de revenus de l’église (photo : Hermione Durocher / L’Exemplaire).

Pour autant, cette situation n’est pas celle de toutes les bâtisses religieuses à Québec. La paroisse Saint-Jean-Baptiste, sur la rue Saint-Jean, est-elle fermée au public depuis 2015. Elle a été vendue à la Ville de Québec en 2024. Cette dernière souhaitait rénover l’édifice. Les travaux étaient estimés à plus de 34 millions de dollars. Le projet avait pour objectif de créer un espace communautaire et culturel afin de stimuler l’imagination, favoriser le développement des citoyens et attirer les citoyens, selon le quartier Saint-Jean-Baptiste.   

Suite à la suspension du programme d’aide financière en requalification de patrimoine religieux en 2025, des dizaines de chantiers sont restés en suspens et de nombreux lieux de culte en attente de requalification. En 2022, plusieurs édifices religieux ont bénéficié d’un financement du ministère de la Culture et des Communications. Dans la région de la Capitale-Nationale, 2 millions de dollars ont été accordés pour la restauration de six édifices religieux.

La basilique Sainte-Anne-de-Beaupré figurait parmi les édifices ayant bénéficié de ce financement. Elle a reçu 910 000 dollars pour la restauration de son parvis. Au cours de cette même période, environ 1 million de dollars ont été accordés à des projets de restauration et de requalification du patrimoine religieux dans la région de la Chaudière-Appalaches. Ce financement a permis de soutenir une dizaine de projets portant sur dix édifices religieux.

Une conversion à 125 millions de dollars 

À côté de ça, le Monastère des Ursulines a annoncé le jeudi 10 septembre débuter un projet de conversion à hauteur de 125 millions de dollars selon la Fiducie du patrimoine culturel des Ursulines. «Le projet devrait aider à renverser la trajectoire financière du lieu», annonce Sophie Limoges, directrice générale de la fiducie et ancienne Ursuline, dans le communiqué de presse paru le 10 septembre dernier. Depuis le départ des Ursulines en 2018, c’est environ 40 % du monastère qui reste inoccupé. Avec ces futurs travaux, les Ursulines souhaitent en faire un patrimoine vivant et accessible à tous. Comme de nombreuses églises au Québec, le monastère a été désacralisé. Cependant, le lieu a tout de même conservé sa fonction contemporaine éducative. Au Québec, c’est entre 300 et 400 lieux de culte qui ont fermé leurs portes, changé de vocation ou ont été démolis au cours de la dernière décennie, selon le Conseil du patrimoine religieux du Québec.

Le financement du patrimoine religieux de Québec reste donc un enjeu important des politiques provinciales culturelles. Cependant, ce patrimoine n’en reste pas moins abandonné. De nombreuses personnes, fidèles ou non, s’investissent chaque jour dans la conservation de ces lieux de culte.