Les différentes activités de vulgarisation scientifique à Québec offrent au grand public, enfants, mais aussi adultes, la possibilité d’enrichir leurs connaissances en science, et ce, peu importe leur culture scientifique acquise. L’absence d’un centre des sciences pour le grand public n’empêche pas la science pour tous d’y avoir pignon sur rue, en dehors des sites internet, grâce à plusieurs événements. 

Par exemple, le Musée de la civilisation présente en ce moment l’exposition « Nanotechnologies : l’invisible révolution » après trois ans de préparation. En collaboration avec Prima Québec, des chercheurs en philosophie, des journalistes scientifiques, des scientifiques et d’autres acteurs, ainsi qu’avec Anouk Gingras, chargée de projet d’exposition, le Musée a monté une exposition scientifique pour adultes.

La place de la science au Musée de la civilisation ne paraît pas évidente, mais selon Anouk Gingras, elle est importante parce que le musée traite de sujets scientifiques qui sont de réels enjeux pour la société d’aujourd’hui. L’exposition part avec deux parcours différents « oui ou non aux nanotechnologies » et permet aux visiteurs d’en apprendre plus afin de pouvoir être informés avant de se positionner sur un enjeu qui, on l’apprend dans l’exposition, touche tout le monde de près et de loin.

Le Musée de la civilisation aborde de temps à autre des expositions scientifiques, mais ce sont souvent des sujets scientifiques qui touchent à des enjeux de sociétés. « Le fait qu’il n’y ait pas de musée de science à Québec nous attire une certaine clientèle pour ces sujets-là », explique Anouk Gingras, « Ce qui intéresse beaucoup notre public en général, c’est nos expositions historiques […]. On sait que l’exposition scientifique ce n’est pas ce qui va nécessairement attirer les gens en premier lieu, mais ils vont passer la voir quand même ». C’est comme ça que l’exposition est conçue aussi : « elle ne s’adresse pas nécessairement aux gens qui aiment déjà la science. […] on essaye de faire ça différemment que les musées de sciences qui reçoivent des gens déjà intéressés. »

Anouk Gingras, qui a aussi été journaliste scientifique, aime la science et trouvait qu’il n’y avait pas assez d’expositions pour elle à Québec. Ramener la science à l’humain lui parait une bonne solution pour  la faire entrer au Musée de la Civilisation.

L’horticulture pour tous

Deuxième exemple  : saviez-vous que la science peut vous aider à faire votre potager ? Les chercheurs horticulteurs de l’Université Laval ouvrent les portes du Jardin botanique Roger-van den Hende pour des ateliers pratiques: bouturage, rempotage, culture en pot, etc.. « Le jardin a deux grandes missions, l’enseignement et la recherche », raconte Marie-Pierre Lamy, coordinatrice à l’administration du jardin. Les ateliers ont été créés à la suite des nombreuses questions des visiteurs, la programmation est donc faite selon la demande du public. « C’est très vulgarisé, donc on essaye de donner le plus d’information possible en peu de temps, en une heure trente c’est condensé », raconte la coordinatrice du jardin. L’horticulture permet par exemple d’apprendre à faire des semis. La vulgarisation passe par trois questions : « Quand, comment et pourquoi ? ». Selon Marie-Pier Lamy, le côté pratique est mis en avant, « on veut que les gens quand ils quittent et rentrent à la maison, ils sachent comment tailler les rosiers, s’occuper du gazon… », de nombreux savoir utiles aux apprentis jardiniers. Le public est très varié, « de la vingtaine à la soixantaine » et le contact avec celui-ci est selon elle « très valorisant, c’est beaucoup plus personnel qu’un simple courriel […] ça suscite aussi beaucoup de discussions ».

Manipuler des insectes dans une exposition temporaire

Troisième exemple, le Festival des insectes a tenu sa deuxième édition du 15 au 17 avril 2016 à l’Aquarium de Québec.  À cette occasion adultes et enfants ont pu manipuler des papillons vivants, découvrir la grande collection d’insectes et papillons installée en collaboration avec la Bibitte Mobile. L’évènement permettait une incursion dans le monde de l’entomologie, avec la vulgarisation de la science des arthropodes (classe d’invertébrés dont les insectes sont la famille la plus connue). De nombreuses activités avec des passionnés permettent d’en apprendre plus sur ces petits animaux qui nous entourent. Les plus courageux auront pu prendre une mygale vivante dans les mains pour quelques instants.

L’exposition était aussi le temps de redécouvrir l’aquarium qui offre de nombreuses informations sur les espèces aquatiques, permet d’aller caresser le dos d’une raie dans un bassin spécial et d’observer des hippocampes de plus près. L’aquarium, qui présente des animaux avec des explications sur eux, est le seul centre permanent portant sur de la vulgarisation scientifique à Québec.