À Québec, la majorité des livraisons se fait toujours par véhicules motorisés, malgré l’avènement de nouveaux joueurs plus écologiques comme Véli Coursier. Malgré les avantages de la livraison à vélo, il semble que les infrastructures en matière de cyclisme utilitaire manquent toujours.

Sillonnant les rues de Québec depuis le 2 mai 2011, la compagnie de livraison Véli Coursier a été fondée par un ancien président de la Coop Roue-Libre de l’Université Laval, Christophe Navel. Aujourd’hui, la petite entreprise écologique dispose d’un vélo, de deux vélo-cargos – un vélo avec une boîte de transport – et d’une voiture électrique dans sa flotte de Québec. S’y ajoute l’achat récent d’un vélo-cargo qui dessert le centre-ville de Montréal. Chaque jour, trois des sept employés effectuent entre 40 et 50 livraisons à Québec, autant pour des traiteurs que pour des firmes d’avocats.

Près de cinq ans après sa création, le capitaine de Véli Coursier estime avoir fait « deux fois le tour de la planète en vélo ». Selon lui, ce sont près de cinq tonnes de gaz à effet de serre qui n’ont pas été émises dans l’atmosphère. Il explique que contrairement aux voitures qui produisent environ 213 grammes de ce gaz par kilomètre parcouru, l’entreprise verte propose des déplacements à « zéro émission ».

Plus propres que la livraison motorisée, les services de l’entreprise sont également « plus efficaces [que ceux d’un camion] à l’échelle micro-urbaine », c’est-à-dire à l’intérieur d’un quartier, poursuit le détenteur d’un doctorat en éducation à l’Université Laval.

 

Crédit photo : Sevia Pellissier / L'Exemplaire
Christophe Navel. Crédit photo : Sevia Pellissier / L’Exemplaire

 

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Christophe Navel et un vélo-cargo. Crédit photo : Sevia Pellissier / L’Exemplaire

 

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La voiture 100 % électrique de Véli Coursier. Crédit photo : Sevia Pellissier / L’Exemplaire

 

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La voiture 100 % électrique de Véli Coursier. Crédit photo : Sevia Pellissier / L’Exemplaire

Améliorer les livraisons

Pour rendre le système de livraison à Québec plus écologique, Christophe Navel propose de le repenser complètement en installant un « hub » à l’entrée de la ville. Cette installation permettrait à des camions voyageant sur de grandes distances de déposer des colis qui seraient ensuite acheminés par des coursiers carboneutres, explique le père de famille.

Cette idée est partagée par la coordonnatrice de l’organisme Mobili-T, Marie-Hélène Coll. Pour rendre les transports traditionnels plus propres, croit-elle, il s’agit « surtout de repenser la logistique quant à l’endroit des centres de distribution et de se demander si la livraison peut se faire par camions ou par véhicules électriques qui font de moins grandes distances ».

 Encourager le cyclisme utilitaire

À l’échelle provinciale, Vélo Québec  rapporte que 1,3 million de personnes utilisent leur vélo pour les déplacements utilitaires de façon régulière ou occasionnelle. En 2010, l’organisme estimait que 53% des cyclistes montréalais utilisaient leur vélo à des fins de transport contre 40% à Québec.

Pour Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables, la Ville de Québec ne fait pas école en matière de cyclisme utilitaire. « Si on parle de l’utilisation de vélo comme mode de transport, c’est sûr que la Ville est un peu en retard et qu’elle peut faire mieux pour sécuriser les déplacements. »

S’il constate que la Capitale reste accessible aux cyclistes, M. Grandmont souligne qu’il faut faire preuve de témérité pour s’aventurer sur les routes en vélo. En témoigne selon lui la surreprésentation des hommes de 18 à 35 ans dans la population cycliste. Tout n’est pas noir cependant puisque «  la Ville est en train de réfléchir à mettre en place une nouvelle mouture de son plan du réseau cyclable dans le but d’améliorer le nombre d’infrastructures dédiées aux cyclistes pour sécuriser leurs déplacements », poursuit-il.

Christophe Navel n’est pas aussi optimiste. Questionné sur les moyens pouvant rendre les transports traditionnels écoresponsables, le Français d’origine témoigne d’un manque de volonté économique et politique de la part de la mairie.

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La Ville de Québec entend pourtant modifier ses pistes cyclables rapidement afin d’offrir des endroits plus sécuritaires pour les cyclistes, comme l’indique le document  déposé en décembre dernier sur sa vision des déplacements à vélo pour les prochaines années.