Lors de la fin de semaine du 26 et 27 octobre se tenait le Salon Métaphysique et Spirituel de Québec à l’hôtel Palace Royale. L’événement ouvert à tous espérait faire découvrir de nouveaux services et produits du monde ésotérique, en cherchant à s’adresser aux convaincus comme aux curieux.
Malgré la petitesse de la salle, rien ne semblait perturber l’engouement des visiteurs à voir les nouvelles innovations en voyance, huiles essentielles et astrologie, mais aussi à se balader parmi une panoplie variée de kiosques de cristaux. Un pari réussi pour les organisateurs, dont l’objectif d’achalandage de 5000 visiteurs en deux jours semblait déjà atteignable dès la première journée du salon. Il n’y avait que très peu de place pour que les amateurs puissent se déplacer à cause de leur nombre. Un problème auquel compte remédier Santiago Hul dès l’année prochaine.
Pour y parvenir, M. Hul, propriétaire de Crystal Dreams, misait sur la diversité des exposants proposés au public. « Même s’ils n’y croient pas, je pense qu’il y a de quoi pour tout le monde ici, que ce soit le massage, un coach de vie, le yoga, … », propose-t-il. Tout en se disant conscient qu’il puisse subsister des doutes sur les méthodes et sur l’efficacité des produits présentés au salon, il se dit convaincu des retombées positives que peut avoir l’ésotérisme sur l’humeur et la santé des gens. « Moi, personnellement, ça marche et ça a changé ma vie », ajoute-il.
Des clients habitués
Au milieu du brouhaha constant, un jeune visiteur explique être revenu au salon pour trouver des produits. « L’année passée, ils vendaient des bouteilles avec des formes spéciales pour dynamiser l’eau. Je venais spécifiquement pour ça », lance-il. Il n’est pas le seul habitué qui tentait de se frayer un chemin dans la marée humaine.
En plus de ses nouveaux visiteurs, le salon pouvait en effet compter sur plusieurs visages familiers. Une dame accompagnée d’une amie, explique participer régulièrement à ce type d’événement. Elle déplorait toutefois le fait que l’édition 2019 laisse trop de place aux exposants de cristaux. « Je trouve qu’il y a beaucoup, beaucoup trop de pierres aujourd’hui. Il n’y a pas assez de diversité offerte dans les produits offerts », déplorait-elle, « mais j’aime quand même beaucoup ».

Magasiner ses croyances
Jean-Philippe Perrault, professeur à la faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval, n’est pas surpris de l’engouement pour un tel salon. Pour lui, même si les religions traditionnelles sont moins présentes dans la société, les gens n’ont jamais cessé de se questionner sur le sens de la vie. Pour lui, la spiritualité actuelle n’est plus basée sur les croyances traditionnelles collectives, mais sur l’expérience individuelle de chacun. Dans ce contexte, la croissance personnelle que peut apporter une croyance serait même devenue plus importante que les fondements de ces croyances, ajoute-t-il.
Une personne peut s’identifier à certains courants spirituels pendant quelques années, puis changer en fonction de ses valeurs et de son environnement, explique le professeur. Il s’agit d’une quête perpétuelle où l’adepte trouve un sens à sa vie par une trajectoire spirituelle qui varie dans le temps, tout en gardant une cohérence du point de vue de cette personne.
M. Perrault croit que le Salon Métaphysique et Spirituel de Québec est un bon endroit pour explorer diverses croyances, permettant aux visiteurs de construire leur propre pratique spirituelle. Selon lui, le besoin de développement personnel perpétuel serait le résultat de notre culture occidentale, d’une certaine marchandisation des croyances et de notre impression de libre choix. Il souligne pourtant que les traditions n’ont pas perdu leur pertinence, qu’elles n’ont fait que changer de forme.




















