Université Laval – L’entrée sur le marché du travail est difficile selon de jeunes diplômés en sciences  de l’Université Laval. Cette situation les oblige à occuper des postes pour lesquels ils sont surqualifiés. Le Service de placement de l’Université Laval (SPLA) reconnaît que les emplois dans ce secteur sont plus ardus à dénicher.

«Au cours des dernières années, le nombre de débouchés a semblé insuffisant pour fournir un emploi à tous les diplômés en sciences biologiques et en microbiologie», peut-on lire dans l’enquête Relance du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Le rapport précise également que «le taux de chômage de ceux qui ont tenté de trouver un emploi fut beaucoup plus élevé que pour la moyenne des bacheliers et les emplois trouvés furent bien moins souvent en rapport avec leur baccalauréat».

Les étudiants de l’Université Laval n’échappent pas à ce constat. Alexandre Mc Cutcheon est bachelier en biologie et titulaire d’une maîtrise en biogéosciences de l’environnement. Malgré une recherche d’emploi exhaustive s’étalant sur neuf mois, le jeune diplômé n’a toujours pas trouvé un travail lié à son domaine d’études.

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Surqualification des diplômés

Alexandre Mc Cutcheon n’est pas le seul à être surqualifié pour le poste qu’il occupe. Près d’un diplômé universitaire canadien sur cinq (18%) a un emploi ne nécessitant qu’un diplôme d’études secondaires (DES).

Le SPLA est bien conscient des difficultés de placement de certains jeunes diplômés. Selon Richard Buteau, directeur général de l’organisme, les études aux cycles supérieurs ne sont pas une garantie pour obtenir un poste à la hauteur des connaissances acquises.

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Shannie Parent, également maître en biogéosciences de l’environnement, est toujours à la recherche active d’un emploi dans son domaine sept mois après la fin de ses études de 2e cycle. Celle qui occupe un poste de manoeuvre horticole (nécessitant un DES) déplore le manque d’information sur les potentiels débouchés en début de formation.

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Diplômes multiples : un plus ou un obstacle?

Le fait de posséder plusieurs diplômes universitaires peut parfois constituer un frein à l’embauche sous prétexte de surqualification. Alexandre Dal-Pan, titulaire d’un postdoctorat en sciences, a déjà vécu cette situation lorsqu’il a décidé de réorienter sa carrière pour être enseignant au collégial.

Emplois en dehors du champ d’études

Selon une étude du SPLA menée auprès des diplômés de l’année 2013-2014, 68% d’entre eux occupent actuellement un emploi. De ce nombre, seuls 42% des répondants détiennent un poste en lien avec leur diplôme.

Pour Richard Buteau, ce chiffre doit être replacé dans son contexte. «Cela peut être circonstanciel dans le temps. Cela peut être aussi parce qu’ils ont trouvé des mandats qui sont dans d’autres secteurs et pour lesquels ils ont justement développé des compétences», précise-t-il.

«Il faut cependant être prudent quand on parle de statistiques», note M. Buteau. «Ces dernières permettent de sentir le pouls, mais pour se trouver un emploi, c’est tous les jours qu’il faut travailler là-dessus.»