Pierre-Luc Lessard, auteur-compositeur-interprète de Québec, réalise un rêve avec le lancement, cette semaine, de son premier album. « Sans Frontière » est l’aboutissement de deux ans de travail et témoigne, selon lui, des opportunités qui s’offrent aux jeunes artistes dans la région.
« Montréal était peut-être chef de ligne il y a 10 ou 15 ans, estime-t-il, mais Québec prend de plus en plus sa place pour promouvoir la musique indépendante et la musique émergente ». estime le musicien folk.
Pourtant, ce musicien folk sait très bien que les artistes de la relève musicale sont nombreux à Québec et qu’ils font face à une industrie compétitive et parfois sans pitié. Si la Vieille Capitale leur offre de nombreuses tribunes, faire de son art une carrière demeure un pari risqué.
Malgré tout, note Pierre-Luc Lessard, les plateformes de diffusion s’intéressant à la relève musicale se sont multipliées à Québec au fil des ans. Des salles de spectacles offrent une tribune quotidienne alors que des radios communautaires et universitaires en font leur cheval de bataille depuis des décennies. Des concours et des labels indépendants participent eux aussi à un écosystème qui s’avère de plus en plus intéressant pour la relève musicale.
Pour sa part, Pierre-Luc Lessard s’est fait remarquer une première fois lors de sa participation au concours Ma première chance, en 2011. Il a depuis intégré le Groupe Artifice, maison de disque indépendante de Québec, aux côtés d’artistes tels qu’Automat, Ian Lee ou encore Pamela.
S’il est satisfait de son évolution dans les dernières années, le jeune artiste ne se fait pas d’illusions. « Ce n’est certainement pas un domaine dans lequel il est facile de percer », concède-t-il, ajoutant qu’il vaut mieux faire ce métier par passion.
Mais le marché de Québec reste peu propice
Pour ceux qui étudient en musique à l’université ou au cégep et qui rêvent de faire carrière en musique « savante », les options sont plus limitées. Selon Hugo Lafleur, étudiant en interprétation et musicologie et professeur de guitare privé, les étudiants qui sortent des classes du pavillon Casault de l’Université Laval n’ont que peu d’opportunités de s’illustrer.
« Il n’y a presque rien entre l’université et les grandes institutions comme l’OSQ et les Violons du Roy, ce qui crée un peu plus de complexité pour se placer. Aussi, il n’y a pas de public pour les spectacles semi-professionnels ou étudiants ; les gens veulent la totale quand il s’agit de musique classique »
La réputation des musiciens et le marketing ont aussi un rôle important à jouer dans ce contexte, explique M. Lafleur.
« Il a plein de spectacles de qualité comparable (à ce qui est joué dans les grandes salles) mais qui sont vendus moins cher ou moins mis de l’avant, alors les gens ont l’impression que ce sont des spectacles de moins bonne qualité. (…) Le marché de Québec est donc divisé entre les très grands et les petits qui sortent de l’université. »
De nombreux étudiants se dirigent donc vers l’enseignement de la musique en privé ou dans une commission scolaire afin de s’assurer un revenu stable. Même s’il faut parfois s’éparpiller pour atteindre un revenu décent, les élèves ne manquent pas : «Les cours privés sont une bonne manière de faire de l’argent. Il y a des milliers et des milliers de personnes qui sont prêtes à payer pour apprendre à gratter quelques accords sur une guitare»
Pour les têtus qui s’acharnent à vivre de leur instrument, l’originalité doit souvent passer à l’arrière-plan, le temps de se faire un nom. La popularité grandissante des groupes de cover et des formules simples comme un duo guitare et voix dans les bars et les boîtes à chanson permet aux musiciens qui ne sont pas immédiatement confrontés au succès avec leurs créations de trouver une tribune et des revenus le temps que les choses se placent. Il s’agirait d’un chemin souvent emprunté par les étudiants finissants. Selon M. Lafleur, le marché de Québec reste peu propice pour les musiciens voulant vivre de leurs propres créations.
Extrait d’entrevue avec Hugo Lafleur portant sur le marché musical à Québec :






















