Le plastique présente une difficulté accrue dans son recyclage. Crédit photo : Émilie Carlen.

Les emballages plastiques sont omniprésents dans de nombreux lieux que nous fréquentons quotidiennement. Ils soulèvent de nombreuses problématiques, notamment dans leur recyclage, qui reste complexe et coûteux, mais primordial pour l’environnement. Différentes alternatives se développent pour tenter de pallier ce problème, dont celle du mode de consommation zéro-déchet

Le plastique, pour l’emballage ou comme ressource première dans les chaînes de production, reste très utilisé aujourd’hui. Toutefois, ces derniers posent de nombreux problèmes quant à leur recyclage, qui reste coûteux et à améliorer.

Éveiller les consciences sur les enjeux écologiques : l’exemple de la consommation « zéro-déchets »

Dans cette logique, on retrouve les épiceries en vrac qui s’inscrivent dans la logique du zéro-déchet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Flavie Morin a ouvert son épicerie La Récolte mi-décembre 2016, à Limoilou (Québec). Crédit photo : Lindsay Gueï. 

 

Les producteurs du secteur alimentaires sont les champions en matière d’usage d’emballages plastiques. C’est la raison pour laquelle des entrepreneurs engagés dans la cause écologique tentent d’éveiller les consciences écologiques des consommateurs autour de cette problématique. Plusieurs épiceries zéro-déchet apparaissent au Québec avec un objectif clair : baisser notre empreinte écologique via une consommation plus écoresponsable. 

À Limoilou, Flavie Morin a ouvert l’épicerie La Récolte, basée sur ce concept. Le client doit apporter ses contenants et les remplir sur place et les réutiliser à long terme. Aucun emballage plastique n’est proposé sur place. Seuls des contenants en verre et des sacs en toile sont vendus dans l’établissement de l’entrepreneure. 

  

L’idée d’ouvrir une épicerie en vrac, dans la logique du zéro-déchet à Québec est venue à Flavie Morin en consultant des blogs sur le sujet. L’ouverture de la Récolte lui a permis d’allier une envie entrepreneuriale à ses convictions écologiques. Ainsi, elle peut offrir des produits diversifiés à ses clients, tout en éveillant leur curiosité et leur conscience écologique à cette consommation beaucoup plus respectueuse envers l’environnement. Ce mode de consommation est naissant, ce qui permet à Flavie Morin de se différencier de ses concurrents sur le marché de la ville de Québec.  

« J’ai fait la découverte du monde de vie zéro-déchet et ça a été déclencheur. […] Il fallait que l’entreprise que j’allais avoir ait un impact positif sur la société, au niveau écologique » — Flavie Morin.

« Les retours de sa clientèle sont très positifs », affirme l’entrepreneure. Elle relève toutefois que certains clients, généralement plus âgés, sont parfois mécontents du fait qu’aucun sac en plastique ne soit distribué. Selon elle, c’est parce qu’ils ont été habitués à ce que les sacs en plastique soient à leur disposition en tout temps que ce type de comportement survient. « Il faut réapprendre aux gens que nous autres, on ne vend pas tout type d’emballage » souligne Flavie, tout en rappelant que les clients restent réceptifs et compréhensifs au concept de son épicerie. Elle espère attirer de nouveaux curieux, afin de continuer à faire parler du concept zéro-déchet

Des emballages plastiques nombreux et nocifs pour l’environnement

Les emballages plastiques, au-delà des potentiels risques qu’ils peuvent provoquer sur notre santé, polluent considérablement notre environnement et prennent du temps à se dégrader par eux-mêmes. Ce problème est à considérer à une échelle mondiale, puisque ce sont de nombreuses ressources collectives qui sont touchées, tels que les océans, les mers et les fleuves. Différentes villes instaurent désormais l’interdiction de l’usage de sacs en plastique dans les succursales de distribution pour contrôler la fréquence de leur usage, mais aussi pour changer les comportements des consommateurs. En effet, le réflexe d’utiliser un sac en plastique lorsqu’on fait son épicerie est devenu automatique pour de nombreux individus.

Pour illustrer cette problématique, l’organisation non gouvernementale Équiterre propose un chiffrage de l’impact écologique de la consommation d’une bouteille d’eau de 3 litres en plastique

Source : Équiterre, à partir de storyofstuff.org

 Un recyclage complexe

Rosa Galvez, professeure au département de génie civil et des eaux à l’Université Laval est une spécialiste sur les questions de gestion du recyclage des emballages plastiques. Elle affirme qu’il est primordial, dans un avenir proche, de ne plus avoir recours au plastique pour certains usages. Pour la chercheuse, il est aberrant de « développer, produire et manufacturer une matière non renouvelable pour un usage qui ne s’inscrit même pas dans le long terme », en regard de son coût de production écologique. 

« Une matière comme le pétrole a pris des millions d’années à la nature à produire et nous, on la prend et on la transforme en produit à faible densité pour un usage quotidien très négatif. C’est inefficace, inefficient, c’est un gaspillage total ! » — Rosa Galvez. 

Dans le cadre de ses recherches avec Gaudreau Environnement à Victoriaville, des résultats sur le recyclage du PVC et sur le plastique à forte densité sont envisagés. Le problème du recyclage réside particulièrement dans le plastique à faible densité, tels que les sachets et emballages plastiques.

En effet, le plastique à faible densité, qui est celui que l’on retrouve dans les usages domestiques quotidiens, est hétérogène et s’effrite ou se casse lors du processus de recyclage. Par conséquent, son recyclage se heurte à plus de difficultés ; à l’inverse, le recyclage du plastique à haute densité est plus facile et attractif parce qu’il rapporte une rémunération plus généreuse, qui se situe entre 200 et 300 $ par tonne, selon la professeure. 

Rosa Galvez propose un nouveau dispositif pour donner une seconde vie aux déchets plastiques à faible densité, en les réutilisant dans la production de ciment, pour limiter leur empreinte écologique. Ce type de plastique « s’avère efficace pour faire des planchers, des locaux, des panneaux sur les murs et possède des vertus d’isolation sonore et thermique ». 

Cependant, avec une moyenne de production de déchets de 2 jusqu’à 4 kg, par jour et par personne, d’autres modes de consommation sont nécessaires pour améliorer notre gestion des déchets, selon la chercheuse. Plus la proportion de déchets organiques est importante par rapport à celles des déchets non-recyclables, plus le recyclage sera respectueux envers l’environnement.