Au lendemain de l’échec des indépendantistes écossais, les militants souverainistes québécois se sont réunis le 21 septembre dernier pour rallier des sympathisants. Les pionniers de l’indépendance étaient présents comme Bernard Landry. Contacté par l’Exemplaire.com, l’ancien premier ministre péquiste tire des leçons du référendum écossais.
Malgré le « champ de ruines » dépeint par Jacques Parizeau – premier ministre du Québec dans le camp du «oui» lors du référendum de 1995 – pour décrire l’état actuel du mouvement indépendantiste québécois, Bernard Landry, lui, reste optimiste. Le « non » des Écossais de la semaine dernière n’a selon lui pas la même portée que celui voté par les Québécois. « Les souverainistes ont bien mené leur campagne [en 1995]. À preuve, les résultats du référendum avaient été plus serrés : 50,6 % contre, 49,4 % pour. Leur vote a été volé, » laisse-t-il tomber, faisant allusion à la controverse autour du financement de la campagne du « non ».
S’il y a des leçons à tirer de la consultation populaire en Écosse au Québec, c’est dans la façon de tenir un référendum « civilisé et avec peu d’excès », affirme celui qui a été premier ministre du Québec de 2001 à 2003. Bernard Landry rappelle par ailleurs que l’écart entre le « oui » et le « non » a été beaucoup plus grand dans le cas de l’Écosse, avec 55,3 % contre l’indépendance et 44,7 % pour.
Dans le cadre de l’événement destiNation, 21 septembre, les souverainistes québécois rassemblés ont fait le point sur le creux que traverse leur mouvement. Les derniers sondages indiquent que les jeunes ne croient plus en l’indépendance de la Belle Province. La semaine dernière, Jacques Parizeau a tourné le fer dans la plaie avec sa sortie médiatique.
L’avocat de formation Bernard Landry croit que le principal défi qui attend les péquistes est d’unifier le mouvement. « Les partis doivent travailler ensemble, dit-il. Le parti de Françoise David, c’est une approche, Option nationale en est une autre, mais l’indépendance n’est ni à gauche ni à droite. » L’ex-premier ministre cite en l’exemple le parti indépendantiste catalan, Convergence et Union, une coalition centriste dirigée par le premier ministre de la communauté autonome Artur Mas.
Et si le « oui » ne l’a pas emporté en Écosse, y aurait-il lieu d’en tenir responsable « l’argent et le vote ethnique », pour reprendre les mots de Parizeau ? « Pour l’argent, Parizeau avait raison. Le camp du « non » en Écosse a investi plus que les deux camps mis ensemble au Québec en 1995. » Et pour le « vote ethnique », en Écosse comme au Québec, ce serait commettre une maladresse de l’en tenir pour coupable, conclut-il avec ironie.
Liens annexes :
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Revue de presse : L’Écosse aux urnes : regard sur deux années d’angoisse
Écosse, entretien avec Charles-emmanuel Côté
L’ambiance après le « non » : Témoignages
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Chronique : Campagne de dissuasion
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