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Les défis de la FPJQ : Le passage en ligne des magazines

21 novembre 2013 - 16:29


Marie-philip Chaput, Priscille Gélinas

Bien que le passage des magazines au support Web comporte divers avantages pour le lecteur, cela représente un grand défi pour le journaliste pigiste.

Pour Annie Lafrance, qui pratique le métier de pigiste depuis sept ans, ce changement est à considérer dans la définition de ses fonctions. En effet, selon la journaliste, bien que la charge de travail soit de même envergure que dans les magazines papier, les tâches à effectuer sont loin d’être identiques. «Écrire pour le Web est différent. Les textes sont plus courts, le ton est plus dynamique, et il faut constamment créer des hyperliens ou des mots-clics qui permettront une plus large diffusion, donc une plus grande visibilité à notre texte», a expliqué Mme Lafrance.

De plus, d’après la journaliste, il serait économiquement désavantageux pour les pigistes de travailler pour des publications en ligne étant donné que pour un travail égal, les textes destinés au Web sont moins bien rémunérés que ceux qui paraissent dans des magazines sur papier.

Amélie Daoust-Boisvert est membre du conseil d’administration de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) et va dans le même sens que Mme Lafrance à ce sujet. Elle qui a été journaliste pigiste pendant une dizaine d’années considère en effet que le transfert des magazines sur le Web est un point négatif pour les revenus des journalistes pigistes. Mme Daoust-Boisvert explique que le fait que les revenus publicitaires soient moins élevés sur le Web que dans les supports papier engendre également une moins bonne rémunération pour les journalistes qui écrivent pour des diffusions Internet.

L’autre grand défi du passage des magazines au Web amené par l’administratrice de l’AJIQ est la protection des droits d’auteurs des pigistes. En effet, les éditeurs de magazines qui diffusent les textes des journalistes à contrat sur papier et en ligne tenteraient d’acquérir les droits d’auteurs de leurs collaborateurs afin d’avoir la liberté d’utiliser les textes une deuxième fois sur leur site Internet. «C’est un peu la bataille qu’on a toujours à mener, de rappeler aux éditeurs que pour leur permettre de publier sur le Web, ils n’ont pas besoin de demander aux journalistes de céder l’entièreté de leurs droits, mais bien seulement des droits à la pièce», a expliqué Mme Daoust-Boisvert. «Par contre, il ne faut pas oublier que ces droits sont monnayables, car ce n’est pas gratuit d’acheter des droits, il faut qu’ils donnent une contribution en conséquence», a-t-elle ajouté.

Article Les défis de la FPJQ : Les droits des journalistes pigistes