Québec- Au Canada, selon les données recueillies en 2011-2012, 89% des mères donnent le sein à leur bébé. L’allaitement est un acte naturel pour lequel les femmes sont faites. Toutefois, il reste que cela représente un défi immense pour plusieurs d’entre elles. Les ressources d’aide à l’allaitement n’abondent pas ou ont peine à se faire connaître.
Caroline Dubé, infirmière en chef au département de périnatalité de l’hôpital de Rivière-du-Loup, affirme que les professionnels de la santé doivent offrir des ressources utiles aux femmes qui souhaitent allaiter. Les femmes doivent aussi bénéficier d’une information de qualité afin de bien comprendre les avantages et les inconvénients de leur choix.
« Empêcher quelqu’un de faire le choix d’allaiter ou de ne pas allaiter, ça appartient à chacun. C’est toi qui prends la décision et tu vis avec. » Elle rappelle aussi qu’il existe de nombreuses alternatives pour les femmes qui retournent au travail ou qui désirent que leur conjoint participe.
Bien que l’allaitement soit encouragé au sein du système de santé, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une pratique parfois pénible pour plusieurs femmes qui rencontrent des difficultés en cours de route. Le manque de lait, l’engorgement ou le refus de téter du bébé peuvent pousser les femmes à abandonner le sein pour le biberon. Elles ont besoin d’encadrement et de support qualifié afin de comprendre ce qui se passe et la meilleure façon d’y réagir.
Infirmière en périnatalité et agissant à titre de consultante en allaitement à la Halte-Bébé du CLSC Rivières et Marées, Sonia Nadeau explique le fonctionnement de la clinique pour aider les mères ayant besoin de support pour allaiter ainsi que la manière dont les patientes du département de périnatalité en viennent à choisir l’allaitement.
Peu de nuances
Les professionnels de la santé s’entendent pour dire que l’allaitement est avant tout un choix personnel. Pourtant, ils promeuvent fortement le lait maternel ce qui laisse peu de place au débat. En 2012, l’OMS a rendu public ses recommandations sur l’allaitement où elle suggère que les mères allaitent jusqu’à six mois minimum leur enfant puis avec une alimentation mixte jusqu’à l’âge de deux ans au moins.
Leur justification principale est que si les femmes allaitaient leur enfant jusqu’à l’âge de deux ans, 800 000 enfants seraient sauvés chaque année. Toutefois, les chiffres de l’OMS concernent l’ensemble des pays. Ainsi, les régions en voie de développement et celles industrialisées sont mises dans le même bateau. Pourtant, la nécessité d’allaiter diffère chez chacune. Ainsi, si l’allaitement permet de lutter contre les maladies causées par l’eau non potable comme la malnutrition et les diarrhées qui causent la mort infantile dans les pays en voie de développement, l’importance de cette pratique dans les pays industrialisés n’est pas la même.
Une affaire de santé publique
« Quand on entend des débats d’opinion, on dit souvent aux femmes que c’est un enjeu de santé, d’abord et avant tout. Il faut qu’elles reçoivent une information juste, mais aussi on va dire que c’est un enjeu personnel, donc c’est un choix personnel » affirme, Marie-Maude Morin-Dupras, présidente du regroupement Nourrissons-Lait.
Certaines mères aiment mieux se confier entre elles afin de comprendre ce qu’elles vivent et s’entraider. C’est pourquoi l’organisme Nourrissons-Lait offre du soutien par rencontre ou par téléphone aux femmes qui allaitent. La présidente du regroupement Nourrissons-Lait, Marie-Maude Morin-Dupras est d’avis que l’allaitement est un enjeu important puisqu’il touche à la santé à long terme de l’enfant.






















