La popularité des candidats qui passent au concours télévisé La Voix grandit très rapidement. Catherine Avoine, candidate à La Voix en 2015, nous témoigne que son passage à l’émission lui a donné l’impression que son village natal au complet arrêtait de respirer, et était au courant de son échec. Selon elle, les jeunes qui s’embarquent dans l’aventure de La Voix junior ont besoin d’être guidés et soutenus à travers ce parcours intense.

Catherine Avoine fait beaucoup de concerts corporatifs. (Crédit photo: Facebook de Catherine Avoine)
Catherine Avoine lors d’un spectacle corporatif en 2015. (Crédit photo: Facebook de Catherine Avoine)

Depuis plusieurs années, Mme Avoine est professeure de chant. Entre autres, elle enseigne à Coralie Leblanc, qui a charmé les trois coachs à l’audition à l’aveugle du 9 octobre passé. Elle se donne le devoir de d’informer ses élèves sur les impacts que vont avoir sur eux une telle compétition.

Un suivi constant

Aujourd’hui, le travail de Mme Avoine ne consiste plus seulement à donner des cours de chant à Coralie. Il s’agit aussi d’aller diner avec elle, lui demander comment elle vit sa semaine, où se situe son niveau de stress, si elle est optimiste, bref, faire un suivi moral. La professeure doit être un soutien pour son élève si son aventure à La Voix junior change de direction. «Quand elle sortira de la compétition, il ne faut pas que son estime d’elle-même soit détruite », dit Mme Avoine.

Pression des parents

Il y a beaucoup de parents qui pensent que leur enfant va devenir une vedette internationale parce que l’enfant a participé à une émission de télévision. C’est vrai qu’il y a une fascination sociale pour les enfants virtuoses, mais les chances qu’ils fassent un disque ensuite sont extrêmement minces. Il y a des jeunes qui ont un potentiel énorme, mais on ne peut pas prévoir ce qui va arriver à l’émission, il ne faut donc pas projeter trop d’attentes sur les jeunes. Ils sont lancés dans un milieu avec un haut niveau de stress, et ce n’est pas naturel pour un enfant de subir autant de pression. « Ça n’entre pas dans un processus de développement normal » soutient Mme Avoine.

Impact des concours de chant en général

Mme Avoine donne des cours de chants depuis longtemps, et constate qu’il n’y a pas plus de demandes à cause de l’émission La Voix junior. «Ça n’affecte pas la clientèle, car les jeunes chantent par passion, simplement pour le plaisir». Les concours de chant amateurs existent depuis des dizaines d’années et on en retrouve dans la majorité des grandes villes du Québec. C’est un endroit où les jeunes peuvent démontrer ce qu’ils ont appris et où ils sont rendus selon l’évolution de leur voix.

L’impact des concours de chant est différent sur tout le monde. Mme Avoine ne pensait pas devenir la prochaine Céline Dion en participant à La Voix en 2015. Elle voulait la visibilité que l’émission que 3 millions de Québécois écoutent chaque semaine pouvait lui apporter. Pour sa part, le fait d’être éliminée ne la dérangeait pas vraiment.

Maxim Fortin, un musicien de la région de Montréal, soutient que l’impact qu’ont les concours de chant sur les participants dépend de beaucoup de facteurs; l’âge des participants, de leurs motivations, de leur personnalité…

Mais il reste que ça prend du courage monter sur une scène devant environ 2 060 000 téléspectateurs chaque dimanche, et que les jeunes n’ont pas nécessairement la force et la préparation mentale nécessaire pour y faire face seuls.