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La ville de Québec s’attend une bonne saison touristique estivale

15 avril 2021 - 11:39

« L’industrie touristique arrive en troisième place des plus gros employeurs de la ville, derrière le gouvernement et les compagnies d’assurance » - Éric Bilodeau, directeur des communications et du marketing de l'Office du tourisme de Québec (Crédit photo : Pixabay)


Mélissa Gaudreault, Mathieu Fournier, Dina Jehhar

Durement touché depuis le début de la pandémie, le secteur touristique et plus précisément le tourisme local se prépare en vue de la saison 2021.  Malgré le contexte actuel qui amène sont lot de difficultés, différentes experts sont confiants que la saison estivale touristique 2021 sera satisfaisante. 

Le tourisme est très important pour l’économie, la culture et dans la société en général, affirme Paul Arsenault, professeur au Département de marketing de l’UQAM spécialisé dans le domaine du tourisme. C’est « l’un des secteurs économiques les plus inconnus [et] on associe le tourisme et la culture à quelque chose de frivole et d’inutile », commente-t-il. De plus, « c’est la dépense des ménages la plus importante », amène-t-il, car les gens prennent des vacances, ils ont besoin de prendre une pause de leur quotidien. Pour preuve, les campings et les sites de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) affichent tous déjà complets pour cet été, montre Paul Arsenault. 

Selon Paul Arsenault, la Covid-19 a eu plusieurs impacts sur l’industrie du tourisme au Québec. (Infographie: Mélissa Gaudreault)

 

Les centres de plein air à la recherche d’une autre clientèle

Le Parc national de la Jacques-Cartier a été touché par la pandémie au niveau du tourisme national et international qui représente en temps normal un certain pourcentage de sa clientèle :

« Le parc national de la Jacques-Cartier compte normalement le plus haut pourcentage de clientèle hors-Québec de tout le réseau des parc nationaux du Québec.  Cette clientèle a été absente en 2020 et sera absente en 2021 mais est largement compensée par la clientèle québécoise. » – André Rouleau, directeur du parc

Le Parc national de la Jacques-Cartier comptait environ 350 000 jours sur le nombre total de visites pour l’année 2019, déclare M. Rouleau.

« Il s’agit de jours/visite sur une année complète sur la base des statistiques de l’an dernier. Ex : une personne venant au parc 2 jours représente 2 jours/visite. Nous n’avons pas encore les [statistiques] pour 2020-2021. Avec les quotas appliqués cette année, on pense que l’achalandage a été au moins équivalent à 2019. » – André Rouleau

Selon lui, il y a eu une hausse de réservations pour les chalets et le camping en 2020, mais le parc a dû abandonner les descentes nautiques, qui reprendra en partie en 2021. M. Rouleau explique qu’ils ont dû apporter des ajustements à l’offre de services en raison de la pandémie : 

« Adoption de mesures permettant une plus grande autonomie de la clientèle (auto-enregistrement, achat des accès en ligne), abandon des activités animées de découverte, abandon des activités guidées, abandon des événements spéciaux (trail du grand duc, baignade polaire, soirées brillantes, festival hors-piste). » – André Rouleau

Le Parc a adapté son offre de services aux mesures sanitaires afin de pouvoir poursuivre ses activités dans le contexte actuel. – précise André Rouleau (Photo courtoisie : Stéphane Audet | SÉPAQ)

Miser sur le tourisme local en attendant la réouverture des frontières

Pour Éric Bilodeau, directeur des communications et du marketing de l’Office du tourisme de Québec, le tourisme joue un rôle très important dans la région de la Capitale-Nationale, autant sur le plan culturel qu’économique.

La ville de Québec est un incontournable selon M. Bilodeau, en raison de son histoire, de ses événements (ex. : spectacles, festivals) et de « son charme européen ». (Crédit photo : Pixabay)

Cette activité est essentiel, car elle crée de l’emploi dans une variété d’autres secteurs tels que l’hébergement, la restauration, les attractions touristiques et les boutiques, montre-t-il. Si on prend l’exemple d’un spectacle, précise-t-il, cela fait venir des touristes des autres régions du Québec et même de plus loin qui vont par la suite aller manger dans un restaurant et dormir dans un hôtel. D’après ses observations, le tourisme dans la ville de Québec a diminué d’au moins 60% depuis le début de la pandémie et les secteurs les plus touchés sont : l’hôtellerie, la restauration, le commerce de détail et les attractions touristiques (ex. : les croisières).

En attendant la fin de la pandémie, le tourisme doit faire des ajustements afin de survivre : les villes ont déjà fait un pas dans la bonne direction l’été dernier en faisant la promotion du tourisme local, commente M. Bilodeau. Le message de la ville de Québec était d’inciter les gens à « encourager [le] local », notamment en passant des commandes pour emporter dans les restaurants ou en allant passer une nuit dans un hôtel de la ville lors d’une fête comme Noël ou la Saint-Valentin. Cette initiative a permis de soutenir le tourisme local, notamment pour les activités de plein air, mais la ville doit maintenant se concentrer sur le tourisme de ville. En effet, pour lui, ce qui était le plus populaire durant l’été 2020 a été le tourisme de nature tandis que le tourisme de ville a été presque inexistant. La ville de Québec et les autres grandes villes comme Montréal devront donc faire la promotion de leurs centres-villes afin d’encourager le tourisme.