Être dans l’opposition à la Ville de Québec dans l’ère Labeaume est loin d’être un jeu d’enfant. Après un peu plus d’un an après les élections, il est possible de tracer un bilan de la performance des trois conseillers du parti d’opposition Démocratie Québec (DQ) et de souligner les énormes difficultés auxquelles ils doivent faire face quotidiennement.

C’est indéniable, le maire de Québec, Régis Labeaume, bénéficie d’une popularité monstre à Québec et partout en province. Il a d’ailleurs remporté les dernières élections municipales avec une marge de plus de 50% sur son plus proche opposant, David Lemelin. Son parti politique, Équipe Labeaume, a raflé 18 des 21 sièges disponibles au Conseil municipal lors du suffrage de 2013 laissant peu de place à l’opposition.

2015-04-13

La cote de popularité du premier magistrat de Québec ne semble pas vouloir prendre de pente descendante. La fondation City Mayors avait d’ailleurs donné à Labeaume le 4e rang des meilleurs maires au monde en 2013, lui qui avait maintenu un appui de 73% des citoyens de Québec en 2012 selon Léger Marketing.

Travail lourd et difficile

L’opposition officielle, Démocratie Québec doit composer avec seulement trois voix pour défendre les intérêts des citoyens de Québec en plus d’agir comme chien de garde des faits et gestes de l’administration municipale. Les trois conseillers de l’opposition, Yvon Bussières, Anne Guérette et le chef Paul Shoiry ont de la difficulté à remplir leur mandat au maximum de leurs capacités, parce qu’ils doivent mettre les bouchées doubles pour contrer la force du nombre.

« Dans les débats au Conseil municipal, on est désavantagé en partant. C’est comme une équipe de hockey qui joue toujours à 5 contre 3. On est toujours en désavantage numérique, donc il faut être bon », a souligné le chef de l’opposition officielle, Paul Shoiry.

Malgré tout, l’équipe de Démocratie Québec a réussi à déposer en 2014 dix-sept avis de proposition en plus de livrer des débats sur la gestion des matières résiduelles, de l’eau potable, des infrastructures, du couvert arboricole ainsi que de l’aménagement du territoire.

Opposition mieux organisée

Pour le professeur agrégé en science politique et spécialiste en communication politique, Thierry Giasson, l’arrivée de M. Paul Shoiry, qu’il qualifie de politicien d’énorme calibre, vient donner une crédibilité rehaussée à l’opposition de la Capitale-Nationale.

Impact sur la démocratie

Une opposition affaiblie n’est jamais positive pour une santé démocratique. C’est le constat que fait la professeure agrégée au département de science politique de l’Université de Montréal, Laurence Bherer. « On a l’impression que tout ce qui se passe dans la ville passe autour d’une personne, le maire. Une ville c’est plus que ça. Les décisions doivent se prendre avec d’autres élus sous forme de compromis », a indiqué Mme Bherer.

Thierry Giasson tire toutefois dans le sens inverse de Laurence Bherer. Le Larousse définit  la démocratie comme « un système politique, une forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple ». C’est exactement ce que M. Giasson décrit lorsqu’il parle du mandat fort que les citoyens ont donné à Régis Labeaume et son équipe.