Airbnb et Couchsurfing sont deux sortes d’hébergement alternatifs pour les touristes. Surfant sur la vague de la recherche de l’ « authenticité », ils promeuvent tous deux des idées de partage et de proximité… et ils font beaucoup parler d’eux dans la ville de Québec et chez les étudiants. Surtout Airbnb qui suscite la controverse.
Le couchsurfing, c’est accepter de dormir (gratuitement) sur le divan de quelqu’un. Parfois, il s’agit d’un lit. Sur le site, les profils bien complets indiquent où vous allez dormir et dans quelles conditions, et des photos sont disponibles. Mais ce que vous ne savez jamais, c’est ce qui va vous arriver : où est-ce que le couchsurfeur va vous emmener ? Qu’est-ce qu’il mange? Qui est-ce qu’il va vous présenter? Il faut être ouvert et accepter de ne pas tout maîtriser. Question d’authenticité et de proximité, on ne fait pas mieux, pour l’instant. Les durées d’hébergement sont toutefois courtes.
Par le couchsurfing qu’il offre, Phil Imbeault, étudiant en philosophie à l’Université Laval, retire des expériences incroyables et inattendues. Ça lui a permis de faire des rencontres riches, comme les fois où des jeunes qui n’avaient pas de domicile fixe, en voyage perpétuel et sans but certain logeaient chez lui. Il a utilisé quelques fois Couchsurfing en voyage, plus dans des cas où il ne trouvait pas d’hébergement.
Airbnb : plus de sécurité et de confort
Le service de AirBnB, n’est pas gratuit. Il implique un effort de l’hôte pour accueillir les touristes. Il y a certains standards de propreté et de confort à atteindre, parce que les gens s’attendent à un service pour lequel ils payent. La chambre est préparée, arrangée pour la venue du client. Cela ressemble “plus à un hôtel”, selon Phil Imbault.
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La volonté de partager quelque chose avec les hôtes et beaucoup moins présente avec Airbnb ; on peut très bien ne les voir qu’au début et à la fin du séjour. On se sent comme à l’hôtel, avec une touche personnelle de l’hôte en plus.
La question de la sécurité revient beaucoup dans la bouche de ceux qui n’utilisent pas Couchsurfing. Il semble que les individus sont rassurés par l’échange monétaire. Phil ne connaît personne à qui il soit arrivé quelque chose de mal en Couchsurfing mais des choses plus bizarres, cela arrive. Il semble que AirBnB soit plus sécuritaire, mais surtout au niveau de la sensation de contrôler ce qui va arriver, d’être sûr de là où on va.
Économie de partage et de collaboration?
L’intimité et le partage vécu pendant ces expériences d’hébergement ne suffisent pas à en faire une économie de partage, explique Luc Audebrand, professeur agrégé au département de management de l’Université Laval. La structure de l’organisation est fondamentale pour distinguer quelque sorte d’économie elle est. AirBnB, c’est du capitalisme. Couchsurfing, c’est différent, mais un bémol est toutefois lancé par Mr Audebrand. En effet, même cette dernière corporation ne serait pas liée autant au partage qu’elle voudrait le faire croire à ses utilisateurs.
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De son côté, la popularité d’Airbnb ne fait pas que des heureux, causant ici et là des polémiques. Selon un communiqué du comité populaire de Saint-Jean-Baptiste, à Québec, «l’ennui c’est que le phénomène prend de l’ampleur et commence à miner la qualité de vie de bien des gens». Sont craints une baisse de qualité de vie ou encore une hausse des loyers. Le comité populaire de Saint-Jean-Baptiste compte entreprendre des actions en temps et lieu pour contrer ce phénomène sur son territoire.
S’enrichir financièrement ou spirituellement
Lorsqu’il est question de dépenses, il est beaucoup plus avantageux d’utiliser Airbnb que l’hôtel. Les prix sont moins chers. Pour ceux qui louent leur appartements, Airbnb “est très payant”, avance Phil Imbeault. Résident du quartier Saint-Jean-Baptiste à Québec, il a placé sur Airbnb la chambre de sa colocataire qui est partie pour une durée de quelques mois.
Selon cet étudiant, il a été plus rapide de louer son appartement sur Airbnb que sur Kijiji, où il aurait pu sous-louer la chambre en question. Depuis octobre 2015, il avait placé une annonce sur Kijiji, sans succès. Par Airbnb, la hambre a été sollicitée par les touristes, attirés par le carnaval de Québec [ndrl le festival hivernal se tenait du 29 janvier au 14 février]. De la mi-janvier à la mi-février, il a gagné environ deux fois le montant de son loyer.
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Le couchsurfing: une aventure
Il est question d’une autre richesse quand on pratique le Couchsurfing. Il s’agit d’accueillir quelqu’un gratuitement chez soi. Le «paiement» se fait dans l’échange que l’on a avec l’autre, la découverte de sa culture, de ces récits de voyages. Parfois, l’hôte fait un plat de chez lui. La richesse ne réside pas seulement dans le portefeuille.
C’est ce que préfère notamment Tristan Duval, un Français qui découvre le Québec pour la première fois. C’est aussi sa première expérience sur le divan d’une personne inconnue. Il explique aimer le Couchsurfing pour son approche plus désintéressée.
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