Exemplaire : Média-école des étudiants en journalisme

Média-école des étudiants en journalisme

Entrepreneuriat féminin au Québec: vue de l’extérieur.

12 juin 2019 - 09:00

L'entrepreneuriat Laval est un centre d'aide pour les étudiants afin de les accompagner le long de leur projet. Crédit: Annasthasie Kaningini


Annasthasie Kaningini-Kasuku

Au Québec, les femmes afro-caribéennes s’impliquent davantage dans le monde de  l’entrepreneuriat en créant des entreprises dans différents secteurs. Une attitude positive qu’encourage Richard Drolet, conseiller chez Entrepreneuriat Laval, aux jeunes entrepreneures qu’il rencontre.  

Vanina Rome est une jeune entrepreneure martiniquaise établie au Québec. Fondatrice  du Béroukhia, une entreprise des confitures aux saveurs des antillais.

Au sein de l’économie mondiale, les femmes occupent une place essentielle, elles sont très présentes dans les activités indépendantes et gouvernementales. 24 % sont le pourcentage des femmes membres d’équipe de direction générale à travers le monde. Pour l’heure, les obstacles restent nombreux, cependant moins prononcés que les années antérieures : barrières légales sur l’égalité salariale et quelques contraintes culturelles. Les acquis des femmes actuelles, bien que fragiles, sont les fruits des années des luttes et des revendications pour les meilleures conditions socio-économiques.

« En tant que jeune femme noire, on est programmée à vivre une certaine vie et d’une certaine manière. Entre la parure et les études, nous sommes appelées à plaire à quelqu’un. Et même lorsque tu fais des études, il ne faut pas trop en faire non plus, » explique en riant Vanina Rome, entrepreneure québécoise originaire de la Martinique. Pour cette jeune immigrante, entreprendre sur des terres inconnues est un moyen de s’exprimer et de briser les contraintes culturelles.

Cette réalité liée aux contraintes culturelles à l’encontre de la femme, la société québécoise a réussi à enterrer depuis la fin des années soixante, durant lesquelles la femme devait avoir une permission maritale pour toute demande à caractère légal. Avec le temps, l’acceptation sociale s’est installée. Cette nouvelle ère de confiance permet à la femme en général de se dépasser et d’affirmer sa place au sein de la société.

Dans la ville de Québec, les femmes afro-caribéennes sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers l’entrepreneuriat. En créant des associations d’entraide à travers la capitale et  des forums d’échanges et d’encouragement, ces dernières profitent de cette occasion pour partager leurs idées et d’affirmer leur professionnalisme. Selon une étude réalisée par l’Indice entrepreneurial québécois entre 2015 et 2018, 30,8 % sont le pourcentage des femmes immigrantes contre 14,9 % des natives québécoises sont portées vers les intentions bâtir une entreprise.

Le gouvernement du Canada a lancé, en 2018, un plan stratégique de 2 milliards de dollars qui encourage les femmes issues de tous milieux d’entreprendre tout en ayant un accès facile au financement dont elles ont besoin pour leurs entreprises. La Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat (SFE) visera à promouvoir l’autonomisation des femmes et de leurs idées sur les plans économiques.

Pour toute subvention gouvernementale destinée aux nouvelles entreprises, la loi canadienne n’applique aucune discrimination, cependant certaines restrictions existent lorsque les entrepreneurs ne sont pas citoyens du pays.

C’est sûr que les procédures peuvent être différentes pour les femmes immigrantes. Les Pour un banquier qui souhaite te faire un prêt, ta couleur de peau ou ta religion lui importe peu.Il veut être rassuré par la viabilité et la rentabilité qu’apporte ton projet avant d’y investir » souligne Richard Drolet, conseiller en entrepreneuriat

Pour Mélina Seymour, entrepreneure et fondatrice du carré des affaires des femmes afro-caribéennes, le problème de la femme immigrante va bien au-delà de l’aide et de la procédure gouvernementale. Selon son expérience  auprès de ces femmes, elle constate un climat de la recherche d’appartenance à une nouvelle communauté, cela empêcherait à certaines de dévoiler leurs idées. « Je rencontre chaque jour des femmes qui ont de bonnes idées, mais qui sont réticente à l’idée de les partager de peur d’être juger.  », ajoute-t-elle

Le gouvernement de Québec met en place pour les années à venir de nombreux centres d’aides et de suivis  pour toutes nouvelles entreprises afin d’aider  et d’encourager les femmes à entreprendre dans tous secteurs de la société.