Fondé en 2009 à San Francisco et présente sur le marché canadien, Turo se présente comme « un pionnier de l’économie du partage et de l’industrie du voyage. Se définissant elle-même comme un airbnb pour automobiles, cette start-up américaine met à disposition une application pour organiser de la location de voiture entre particuliers.

L’installation de Turo au Canada date d’avril 2016, et l’entreprise est déjà présente dans plus de 225 villes. L’arrivée du petit frère de la famille de l’économie collective, fait écho à l’impact de l’expansion de Uber sur l’industrie des taxis canadiens, actuellement en négociation pour obtenir des compensations financières de la part d’Uber. Turo représente également une sérieuse concurrence pour les entreprises de locations de voitures classiques, avec des tarifs d’en moyenne 30% moins chers.

Caroline Cadorate, employé à l’agence de location de voitures Avis, située à l’aéroport de Québec, a remarquée une baisse de la demande depuis trois ans : « nous avons du augmenter les prix des locations pour rester dans nos frais », explique-t-elle. Turo n’est pas encore tout à fait rentrer dans les habitudes de vie des québécois. Caroline ne connaît d’ailleurs pas cette application, mais une fois le concept expliqué, elle comprend l’avantage pour les utilisateurs : « C’est sûr que pour les agences de location ce n’est pas une très bonne nouvelle, mais c’est bien pour les consommateurs, ça leur permet de payer moins cher ».

Une expansion, doucement mais sûrement 

Ce nouveau modèle d’affaire semble s’implanter facilement au Québec. Des compagnies d’assurances comme SSQ, Industrielles Alliance ou Desjardins, ont fait évoluer leurs politiques pour que leurs assurés puissent inscrire leurs voitures sur Turo. La progression du nombre d’utilisateurs canadiens témoignent d’une popularité croissante de l’application.  Sur les 2800 personnes inscrites sur la plateforme, plus de la moitié vient de la province du Québec.

En prenant en compte cette progression, on se rend compte que ce modèle économique rentre progressivement dans la vie des québécois. Pour Cédric Mathieu, le directeur de Turo Canada, il est clair que le Québec est un terreau fertile pour l’économie collaborative : « Nous nous considérons comme une plateforme qui allie autopartage, voyage et économie collaborative, trois concepts qui s’intègrent parfaitement à la mentalité et au marché québécois », explique-t-il en réponse d’un mail que nous lui avons adressé.

La ministre de l’économie du Québec, Dominique Anglade, a d’ailleurs annoncé le 9 février la création d’un groupe de travail pour tenter de mieux encadrer les entreprises fonctionnant sur le concept d’économie du partage. La volonté du gouvernement du Québec est d’encourager le développement de ces plateformes au Canada. Les conclusions de cette équipe seront présentées avant la fin de la session parlementaire.

Démêlé avec la justice américaine

Toutefois, certaines villes n’entendent pas faire de cadeaux à la start-up américaine. Tel que rapporté dans le San Francisco Chronicles, la mairie locale a déposé une poursuite contre la compagnie le 24 janvier dernier. Elle lui réclame, entre autre, de payer les mêmes frais réclamés aux autres compagnies de locations présentes à l’aéroport international de San Francisco, des montants qui se chiffrent en moyenne autour des 725 000$ américains par année.

De son côté, le « airbnb » de la location automobile a encore une fois défendu sa position, se présentant comme étant non pas une compagnie de location, mais bien comme une plateforme de partage conformément aux lois californiennes et fédérales américaines. Une rhétorique mis en avant par toutes les entreprises de ce secteur, Uber en tête.

 

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