Malgré l’arrivée tardive de l’hiver  et la hausse remarquée de la demande d’aide alimentaire, les organismes ressources sont confiants. Ils ne craignent pas un manque de réponses aux individus dans le besoin, mais plutôt un manque de denrées.

« Les demandes croissantes qui s’exercent sur les banques alimentaires compromettent leur capacité à répondre aux besoins », peut-on lire dans le Bilan-Faim Québec 2015. Au Québec, en situation d’urgence, 1,7 millions de demandes sont comblées par les organismes affiliés aux banques alimentaires.

Pour Chantal Godin, directrice générale de la Société Saint-Vincent de Paul du Québec, l’aide alimentaire comprend le comptoir de denrées avec les paniers de provisions ainsi que les bons dans les épiceries. La SSVPQ regroupe 80 points de service dans la ville, permettant à un bon nombre de personnes de venir s’approvisionner.

Elle déplore toutefois qu’avec la hausse du coût de la vie et des différents produits dans les supermarchés, il s’est créé une difficulté d’obtenir les ressources.

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Le problème réside malgré les grandes quantités de nourriture données par Moisson Québec et les points de service doivent se tourner vers une autre alternative au risque de fermer leurs portes : l’achat de denrées. Pour l’année 2014-2015 selon le Rapport Annuel des banques alimentaires du Québec, tel fut le cas avec 53% des organismes qui ont connu un manque.

Même son de cloche du côté du Café Rencontre Centre-Ville, situé sur la rue St-Joseph, qui offre un service de soupe populaire à moindres frais certains jours de la semaine. À titre d’exemple, pour l’année 2014-2015, en moyenne 273 repas ont été servis sur 234 jours d’ouverture.

Le directeur général, Simon Fournier, affirme qu’il y a un manque pendant l’hiver dans l’approvisionnement de la viande et des légumes frais. Comme la diversité de ceux-ci varie énormément, l’organisme doit s’adapter à ce manque et le combler avec d’autres produits. M. Fournier soutient également que les subventions du gouvernement ne croissent pas au même rythme que l’augmentation du coût des aliments, ce qui entraine un ralentissement de ce Café aux bases communautaires.

Un triage parmi les demandes

De septembre à janvier, la SSVPQ connaît une période d’achalandage durant laquelle les demandes nécessitent un triage. « On vérifie autour avec les organismes du secteur qui donnent aussi des paniers de Noël, pour éviter qu’on en donne deux ou trois à la même famille », explique-t-elle. De plus, elle ajoute que les individus qui reçoivent plus de deux paniers de provisions sont plutôt rares.

Toutefois, la directrice générale souligne que ce ne sont pas toutes les familles qui, malgré la demande, recevront un panier de provisions, que ce soit dans l’année ou pour la période des fêtes. En effet, il est difficile pour les organismes d’accueillir les denrées et de les préserver sur une longue période de temps dans les locaux actuels.

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La situation est semblable pour la Table du Pain, située au Pavillon Ernest-Lemieux sur le campus de l’Université Laval. L’Association étudiante catholique offre une fois par semaine un service de distribution de provisions ainsi qu’un accès à une table à café et à gâteaux pour briser l’isolement des étudiants dans le besoin.

Avec plus de 600 inscrits l’année dernière, la présidente de la Table du Pain, Roula Hadchiti craint de devoir faire un important tri dans ses demandes en tenant compte des 200 à 240 paniers qui peuvent être offerts.

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Aide alimentaire aux réfugiés

Même avec l’accueil prochain des réfugiés syriens à Québec, les organismes d’aide alimentaire croient que la situation sera bien gérée. D’ailleurs, une augmentation notable de 2,5% à la demande alimentaire des réfugiés s’est inscrite dans le Bilan-Faim de 2015 par rapport à 2014.

La directrice générale de la SSVPQ pense qu’il est important de bien saisir le nombre de personnes qui viendront et également l’ampleur du territoire desservi.

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Selon Mme Godin, il y a un besoin pour les réfugiés de connaître nos produits québécois, légumes ou fruits, et de bien savoir les apprêter. « C’est beau avoir des denrées, mais quand on ne sait pas comment les apprêter, c’est sûr que la semaine suivante, quand j’ai reçu des denrées que je ne savais pas comment apprêter, peut-être que je les ai perdues », ajoute-t-elle. C’est pourquoi, elle propose une solution qu’elle pense réaliste pour la ville de Québec : la cuisine collective. Cela « serait peut-être un moyen pour aider à ce que les gens utilisent un peu moins les banques alimentaires », conclut la directrice générale.