La start-up californienne co-développée par Garrett Camp, Oscar Salazar et Travis Kalanick en 2009 vit actuellement des jours obscurs. Pris en sandwich, Uber fait face aux pouvoirs publics qui tentent de limiter son champ d’action, aux autres start-ups en pleine floraison et à son ennemi numéro 1 : les taxis qui réclament sa fermeture immédiate.

Près d’un mois déjà que la compagnie Uber a perdu sa licence d’exploitation à Londres. L’autorité des transports de Londres (TfL), conclut dans un communiqué de presse qu’Uber Londres n’est pas apte à détenir une licence d’exploitation de « chauffeurs privés ».

Pour expliquer sa décision, l’autorité souligne que « l’approche et la conduite d’Uber ont démontré un manque de responsabilité en lien avec plusieurs problèmes, avec des conséquences potentielles pour la sûreté et la sécurité du public ». Le maire de Londres, Sadiq Khan en approuvant la décision du TfL a ajouté « Ce serait une erreur de la part de TfL de continuer de fournir une licence à Uber si elle pose une quelconque menace à la sûreté et à la sécurité des Londoniens. Tous les exploitants de voitures avec chauffeurs à Londres doivent respecter les règles ».

Au Québec, après les menaces d’Uber de quitter la province, le calme a refait surface. Ce faisant, Uber accepte de se conformer aux exigences gouvernementales. En effet, 35 heures de formation sont exigées à tous les chauffeurs Uber. Une mesure prise pour limiter l’insécurité dans les voitures Uber.

Encore toléré en Amérique du Nord, Uber connait une décadence généralisée en Europe

Le groupe s’est en outre mis à dos les taxis qui voient en lui leur mort programmée, les régulateurs de nombreux pays qui cherchent à lui faire barrage et même ses propres chauffeurs, qui réclament de meilleures rémunérations ou un statut plus protecteur.

Les chauffeurs Uber réagissent

« J’étais sûr qu’ils resteraient sur leur position de quitter le Québec, ça me rend très heureux d’apprendre qu’ils vont rester », a expliqué un chauffeur partenaire pour Uber, Mathieu Visser.

« Je n’ai aucun problème à suivre cette formation, mais je crois que ça ne changera pas grand-chose à la qualité du service qu’on offre déjà », a indiqué de son côté Peter Kings, un autre chauffeur pour Uber.

Aussi étudiant en mécanique industrielle, il craignait de s’endetter advenant le cas où la compagnie quittait le Québec et qu’il perdait son emploi.

La multinationale californienne garde le poing ferme

Uber quant à lui ne cesse de multiplier les stratégies pour se rendre incontournable auprès des usagers. C’est le cas de Uber Mouvement introduit en région parisienne. C’est un programme d’exploitation des données anonymisées de transport émanant des chauffeurs et des passagers mises à disposition des experts (urbanistes, opérateurs de transports…) ou des élus locaux.

Almono en est un autre exemple du caractère futuriste de Uber. En effet, Almono est une ville fantôme situé à Pittsburgh en Pennsylvanie, construite pour tester la réaction des voitures autonome au travers de simulations.

Tout compte fait, les dirigeants de Uber savent que leur survie dépend en grande partie de la collaboration avec l’autorité de la ville où ils sont implantés. C’est la raison pour laquelle Jean-Nicolas Guillemette le directeur général d’Uber Québec a affirmé à la presse : « Il y a une opportunité d’établir un dialogue constructif afin de trouver une solution à long terme pour les utilisateurs et les partenaires-chauffeurs ». C’est donc vers une entente tripartite que Uber Québec mise pour continuer de faire profit.