Tout autour du globe, ils sont au cœur de l’actualité des médias et les termes ne manquent pas pour les désigner. On les appelle « migrants », « réfugiés », voire même « immigrés illégaux » ou « clandestins ». Pourtant chaque appellation désigne une situation différente. L’Europe dit en être submergée et inonde les médias alors que ce n’est pas en premier lieu vers elle que les réfugiés et autres demandeurs d’asile semblent se tourner.

Certains choisissent, d’autres subissent

La Convention de Genève définit un réfugié comme « toute personne qui […] craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, […] en raison de ladite crainte, ne veut y retourner ».

La UNHCR (United Nations High Commissioner for Refugees) précise qu’un réfugié est une personne ayant obtenu un titre de séjour et le statut de réfugié dans un pays autre que celui dont il a la nationalité. Lorsque sa demande est en traitement, il est considéré comme un demandeur d’asile. Les réfugiés et demandeurs d’asile fuient les conflits armés et/ou la persécution. En ce sens, ilsont quitté un pays où ils étaient en situation de danger et les y renvoyer serait équivalent à les mettre potentiellement en danger de mort.

Les termes « immigré illégal » et « clandestins » sont, selon le Conseil Canadien pour les Réfugiés, des termes péjoratifs qui « criminalisent la personne » alors que « le droit international reconnaît que les réfugiés peuvent être contraints d’entrer dans un pays sans documents officiels ou sans autorisation ».

À la différence des réfugiés, les migrants choisissent eux-mêmes de quitter leur pays natal afin d’améliorer leur vie et non parce que celle-ci est en danger. Cela signifie que s’ils retournent dans leur pays, leur sécurité n’est pas remise en question.

Les pays voisins avant les pays européens

En 2014, d’après les données fournies par la UNHCR, et dans la majorité des cas, les demandeurs d’asiles et réfugiés cherchaient leur échappatoire auprès des pays voisins. Les pays occidentaux apparaissent comme un choix de second rang.

Dans le cas des syriens – qui représentent la majorité des migrants de la crise actuelle – ils étaient plus d’un million et demi l’année dernière à s’être échappés vers la Turquie, leur principal pays d’accueil. Trois de leur quatre autres pays frontaliers figurent également parmi les pays où l’on compte le plus de réfugiés et demandeurs d’asile syriens, à savoir respectivement la Lybie, la Jordanie et l’Iraq, comme le montre la carte ci-dessous.

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Avec 70.585 réfugiés et demandeurs d’asile syriens entrés au pays l’année dernière, l’Allemagne était le pays occidental qui en a le plus accueilli sur son sol, toujours d’après la UNHCR. Étant donné la crise qui sévit actuellement, ces données sont subjectives et devront être révisées pour l’année 2015 afin de fournir une analyse plus précise de la situation actuelle.

11.300 réfugiés syriens d’ici fin 2017

La question de l’accueil des refugiésau Canada est actuellement au cœur des débats politiques et des réseaux sociaux, notamment depuis que le Premier ministre Stephen Harper a déclaré que le Canada en faisait suffisamment pour les réfugiés.
Sur son site Internet, Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) assure avoir « accepté de réinstaller 11.300 réfugiés syriens d’ici la fin de 2017 » et simplifié les démarches pour permettre à davantage de personnes de bénéficier du statut de réfugié. Selon les chiffres officiels de l’UNHCR diffusés par le CIC, en 2014, le Canada a accueilli 1.083 réfugiés syriens, contre seulement 45 l’année précédente.

Les chiffres pour l’année 2015 ne sont pas encore connus, mais le CIC annonce au 8 septembre 2015 un total de 2.406 syriens ayant obtenu le statut de réfugié depuis le début du Programme de réinstallation des réfugiés, en juin 2013.