Dans le paysage culturel québécois, seule la Saint-Patrick semble témoigner de l’influence irlandaise au Québec. Pourtant, lors d’un recensement en 2016, 406 085 habitant de la Belle Province se sont déclarées d’origine ethnique irlandaise. Les membres de la société de bienfaisance Irish Heritage Quebec travaillent à rappeler l’apport des Irlandais à la culture québécoise.
Dans le sous-sol de l’église Saint Patrick à Québec, les bureaux encombrés de la société de bienfaisance et d’histoire Irish Heritage Quebec sont ouverts. John O’Connor, le secrétaire trésorier de la société est une véritable mine d’or sur l’histoire des irlandos-québecois. Ce retraité de 71 ans a souvent pris place sur l’estrade pour parler de sujets variés, comme les objets de l’héritage irlandais que l’on peut trouver dans des marchés aux puces canadiens. Chaque mois, de septembre à juin, Irish Heritage Quebec, organise une conférence sur un aspect de l’Histoire de l’Irlande au Canada ou à l’international.
Mais l’association mobilise parfois des personnalités extérieures à l’association : « Au mois d’avril, c’est le sénateur Dennis Dawson, un sénateur d’Ottawa qui viendra parler de son héritage irlandais. Il est originaire de Québec », explique John O’Connor.
Tradition oblige, les membres de Irish Heritage Quebec ont pris place dans la neuvième parade de la Saint-Patrick à Saint-Patrick, le 24 mars 2018. Mais, au delà du folklore de cette célébration, le rôle de cette société de bienfaisance et d’histoire est de faire vivre l’Histoire des Irlandais au Québec.
« Nous organisons des visites guidées du cimetière Saint-Patrick, où beaucoup d’Irlandais reposent. On présente aux gens les personnalités d’origine irlandaise qui ont compté dans l’Histoire de Québec », précise John O’Connor. L’occasion de raconter de nombreuses anecdotes. Par exemple, deux filles de Philippe Aubert de Gaspé sont enterrées à Saint-Patrick, car elles avaient épousées des Irlandais.
Un héritage international
Un autre des rôles de l’association est d’aider des personnes dans leurs recherches généalogiques : « Ça représente environ de 15% à 20% de ce qu’on fait », précise John O’Connor. En règle générale, des gens se déplacent jusqu’à Québec pour le lieu où leurs ancêtres sont enterrés. Et ils viennent parfois de loin : « Je me souviens d’un frère et d’une soeur qui étaient arrivés sans nous prévenir. Le monsieur venait de Hawaï, et sa soeur de Boston. Ils sont tous les deux repartis le le soir même, ils étaient venu juste pour ça », rit John avec bienveillance. Selon lui, ce service est très apprécié. Il est également délivré gratuitement, puisqu’il s’agit d’une société de bienfaisance.
D’après l’expérience de John O’Connor, l’âge des personnes qui s’intéressent à leurs héritages se trouve plutôt dans la moyenne haute : « La généalogie n’est pas vraiment un sport de jeunesse ». Pourtant, la jeunesse n’est pas passive face à la culture irlandaise et la fait vivre à sa manière.
Une culture qui subsiste
Parmi ceux qui gardent l’héritage irlandais bien vivant à Québec se trouve Irish Moutarde, une formation d’ici, reconnue pour son rock celtique très festif. Actif depuis 2009, le groupe est composé de 6 musiciens alliant l’accordéon, la cornemuse et le banjo aux sonorités plus rock de la guitare électrique et de la batterie. Jérôme Bélanger, guitariste d’Irish Moutarde, se remémore les origines du band :
Bien que le tournant celtique pris par leur musique n’était pas prévu au départ, chaque membre du groupe semble désormais l’embrasser. Après Raise’em all en 2013, Irish Moutarde a sorti un nouvel album, Perdition, le 1er mars dernier, juste à temps pour la Saint-Patrick.
«Chaque année, tout le mois de mars est dédié au groupe. Ce n’est pas évident pour les familles, on fait beaucoup de tournées, mais on adore ça», raconte Anthony Vandal, banjoïste de la formation, au retour d’un voyage de trois jours consécutifs de spectacles. «On a fait Rimouski, Saint-George de Beauce et Saint-Jean-Port-Joli, c’est beaucoup de routes et c’est exigeant, mais on le fait par passion», ajoute pour sa part Jérome Bélanger.
En parallèle, le groupe a également lancé une bière Irish Moutarde avec la microbrasserie le Corsaire de Lévis, une rousse aux accents irlandais bien prononcés. «Pour nous, la musique celtique et la bière, ça va de pairs», poursuit Jérome Bélanger.






















