Pour la première fois, Eloïse Plamondon-Pagé, étudiante en arts visuels à l'Université Laval, a eu droit à son exposition individuelle. — Photo Stéphanie Puglisi

UNIVERSITÉ LAVAL — Le passage du temps sur l’humain illustré par le vieillissement des visages, c’est le thème qu’a exploité Éloïse Plamondon-Pagé, étudiante en arts visuels, pour sa première exposition présentée dans la salle d’exposition du pavillon Alphonse-Desjardins jusqu’au 22 novembre.

Avec Marge, Éloïse Plamondon-Pagé propose trois portraits de personnes âgées. Réalisée en couches superposées, suspendues et déployées dans l’espace, l’œuvre de l’artiste met en évidence toutes les caractéristiques de ces visages.

Passionnée par cette partie du corps, la jeune femme de 24 ans s’intéresse depuis plusieurs mois aux expressions, aux cicatrices ou à toutes autres traces de vieillissement. «J’aime les visages caractériels. Les rides et la fatigue qu’on y trouve sont, pour moi, comme une carte topographique d’un véhicule. C’est un beau défi de réussir à les représenter», a-t-elle expliqué.

Et pour ce faire, elle ne compte pas ses heures. Cela commence avec le choix de ses modèles qu’elle croise tous les jours dans les rues de son quartier, Saint-Roch. «Ce sont des personnes vraies qui ont, pour la plupart, des problèmes psychologiques. Ils ont l’habitude d’être ignorés ou en marge de la société», a-t-elle confié.

D’où le titre de son exposition actuelle Marge. «C’est exactement ce type de personnes que je recherche. Ils sont naturels, avec une profondeur dans le regard».

Après la photo, la création

Une fois la photographie réalisée, le travail de création ne s’arrête pas là. Très soucieuse de faire évoluer son art, Éloïse Plamondon-Pagé est toujours à la recherche de nouvelles techniques et de nouveaux supports pour mettre en valeur ses photos.

Pour cette exposition, l’artiste a travaillé sur un tissu géotextile qui sert habituellement à enlever l’excès d’encre en photogravure. «C’est un matériau fibreux qui permet de jouer sur la transparence. En superposant les couches, ça donne ce résultat en trois dimensions».Un résultat qui demande beaucoup d’efforts. «C’est un travail long et minutieux», a-t-elle admis. «Au total, pour un portrait, il me faut des dizaines d’heures.»

Même si la tâche est difficile, cette soif de nouveauté est nécessaire pour elle. «Je ne fais pas dans le traditionnel car travailler la photo en 2D, ça m’ennuie.»

Une artiste primée

La photographe, originaire de Portneuf, n’en est pas à son premier essai. Cette exposition est la partie émergée d’un long travail qui est en constante évolution.  Elle a participé à de nombreuses expositions collectives qui lui ont permis de rafler quelques prix.

En 2013, elle a reçu le prix du Centre des arts et des fibres du Québec, le Prix Engramme-Concours finissants, et le Prix du Bureau de la vie étudiante pour ses œuvres précédentes, Vision et Roland. Une fierté pour Éloïse Plamondon-Pagé. «En art, c’est toi qui fais ta job. C’est le fun, je saisis toutes les opportunités».

Terminant son baccalauréat à la fin de la session, l’artiste en herbe réalisera des stages à Montréal et à Québec avant d’entamer un projet d’études supérieures en arts visuels.