Au fil des dernières années, le Canada et la Turquie ont entretenu des relations diplomatiques. La première ambassade de Turquie ayant ouvert ses portes à Ottawa, date de 1947.

En tant qu’amis et alliés, les deux pays ont renforcé leurs relations bilatérales afin de promouvoir le partenariat stratégique dans des domaines relevant de la politique, le commerce et la sécurité.

À titre d’exemples, on peut citer l’accord sur le transport aérien conclu entre les deux pays dans le but de faciliter la circulation des biens et des personnes ainsi que la signature d’un accord sur la double imposition.

En février 2014, le Sénat du Canada a adopté le rapport du Comité sénatorial permanent des Affaires étrangères et du Commerce international intitulé Jeter des ponts : Les liens entre le Canada et la Turquie et leur potentiel. Ledit rapport recommande au Canada de renforcer son engagement politique avec la Turquie et d’accroitre sa diplomatie commerciale. La réponse du gouvernement du Canada a été déposée au Sénat en juillet 2014.

Relations économiques et commerciales

La Turquie est un état membre du G20 ayant des liens commerciaux solides avec le Canada. Ce pays situé entre l’Asie et l’Europe, est classé 17e en matière d’économie mondiale. Son positionnement stratégique ainsi que ses accords commerciaux négociables à tout temps font de ce pays un point d’accès aux marchés Européens.
2,3 milliards de dollars est le taux estimé des échanges bilatéraux de marchandises entre le Canada et la Turquie en 2012. Le pays est ainsi le 34ème partenaire commercial du Canada qui a exporté 850 millions de dollars de marchandises vers la Turquie en 2012, composées essentiellement de combustibles et huiles minérales, du fer et de l’acier et des légumes.

En octobre 2010, les représentants du Canada et la Turquie se sont rencontrés à Ankara pour entamer des pourparlers officiels relatifs à un accord de libre-échange. Les diverses réunions des deux parties prenantes ont abouti à la familiarisation avec leurs approches et leurs objectifs fixés en matière de libre-échange.

En août 2013, les deux pays concernés ont tablé sur la constitution d’un comité économique et commercial susceptible de booster le commerce et l’investissement.

La Turquie veut d’autant plus approfondir ses relations avec le Canada mais il y a des facteurs qui freinent cette volonté.

La Turquie prise entre deux feux

Ce qui préoccupe le Canada autant que l’Europe, c’est l’Etat Islamique. En effet, la Turquie constitue un partenaire important de l’Union Européenne et voudrait éventuellement en faire partie.

Le vrai bémol, c’est que cette dernière doit faire des concessions importantes dans ses pratiques d’ordre politique et religieux.

La Turquie demeure aujourd’hui une porte d’entrée et de sortie pour les Djihadistes, un autre fait pas très rassurant concernant son éventuelle adhésion à l’Union Européenne. Certes, la guerre est désormais déclarée mais ses frappes ne sont pas uniquement orientées contre l’Etat Islamique mais aussi contre ce qu’elle appelle les « terroristes ».

Ce qui veut dire qu’il ne s’agissait là que d’un prétexte pour taper sur les minorités qui réclament l’indépendance. Les Kurdes en sont l’exemple le plus probant.

L’AKP, un parti politique aux commandes du pouvoir depuis 2002

Le parti islamiste au pouvoir, l’AKP est un parti qui se veut conservateur, religieux et passablement autoritaire. Ils ont infiltré les services de sécurité et la justice, etc.

Ces nationalistes Turcs ont des relations tendues avec les Kurdes pour des raisons culturelles et religieuses. Ils ne reconnaissent pas les minorités tout comme les Arméniens aussi.

Au nord de l’Irak s’est développé le Kurdistan Irakien qui est un territoire kurde autonome, un point irritant pour la Turquie. Et pour freiner l’enthousiasme des Kurdes, ils les ont aussi bombardés.

Crédit: bik.gov.tr Tuncay Babali, ambassadeur de Turquie à Ottawa.
Crédit: bik.gov.tr
Tuncay Babali, ambassadeur de Turquie à Ottawa.

En fait le jeu ambigu de la Turquie suscite de la part du Canada une position tout aussi ambiguë.
En 2004, le gouvernement canadien a décidé de reconnaître les événements qui avaient eu lieu entre 1915 et 1923 comme un génocide perpétré par les Turcs ottomans pour réprimer le soulèvement des Arméniens. Le gouvernement

Harper a officiellement adopté cette position après avoir pris le pouvoir, une décision qui avait provoqué l’ire d’Ankara et mené au retrait temporaire de son ambassadeur à Ottawa.