Pour Francesco Cavatorta, spécialiste du Moyen-Orient au département des Sciences politiques de l’Université Laval à Québec, les frappes des pays occidentaux contre l’Etat islamique ne laissent pas d’autres choix à la population civile que de quitter le territoire.
« En Syrie, tu as les rebelles modérés qui te tirent dessus, l’Etat islamique, le régime de Bachar Al Assad, les avions canadiens, les avions français, les avions américains et maintenant les Russes. Tu as les troupes irrégulières du Hezbollah libanais, les troupes irakiennes qui aident soit l’Etat islamique, soit Bachar Al Assad et les troupes iraniennes qui sont présentes sur le territoire pour aider le régime syrien. Partir, ça me semble un bon choix ».
Pour Francesco Cavatorta, spécialiste des conflits au Moyen-Orient, la vague de migrants syriens qui arrive aujourd’hui en Europe est directement liée à la décision des pays occidentaux de renforcer leurs offensives militaires et de multiplier les frappes aériennes pour lutter contre le groupe terroriste État islamique présent sur les deux tiers du territoire syrien.
« On ne voit pas comment la guerre peut se terminer »
A l’origine du conflit, les Syriens, encouragés par le vague du printemps arabe, entament des manifestations contre le pouvoir en place. « Au départ, ils ne voulaient pas que Bachar Al-Assad s’en aille, mais ils voulaient que le régime écoute la population », explique Francesco Cavatorta. Mais la riposte violente du régime d’Assad déclenche la guerre civile. Aujourd’hui, le conflit interne a pris d’autres dimensions. « Le conflit est maintenant pris dans une spirale communautaire, religieuse… C’est une guerre dont on ne voit pas comment elle va se terminer ».
Le conflit qui dure depuis quatre ans ne laisse à la population civile qu’une alternative : « Soit de quitter le territoire, soit de rester et d’accepter malheureusement une certaine forme de stabilité avec l’Etat islamique ».




















