Le groupe jihadiste a déjà saisi un grand nombre de champs pétroliers dans le pays.
Le groupe jihadiste État islamique (EI) a profité de la guerre civile en Syrie pour s’implanter dans le pays. Pour garantir l’avancée territoriale de son califat, l’organisation a saisi un grand nombre de champs pétroliers d’autant plus que le pétrole est sa principale source financière. Selon Evan Jendruck, consultant chez IHS Jane’s, cité par l’AFP, «Le pétrole alimente la machine de guerre de l’EI, tout particulièrement les véhicules militaires vitaux pour ses mouvements et ses capacités de combat et finance directement les nombreuses activités du groupe».
D’après des chiffres diffusés par l’organisation Council on Foreign Relations (CFR), le groupe vend 48 mille barils de pétrole par jour, dont 44 mille ont été retirés des champs syriens et 4 mille de l’Irak, c’est-à-dire de 1 et 3 millions de dollars américains par jour. Le CFR affirme encore que le régime de Bashar al-Assad, les Turcs et les Kurdes irakiens – tous ennemis déclarés de l’EI – sont toutefois leurs clients. Selon l’organisation non gouvernementale l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), après s’être emparé des champs de pétrole et raffineries du pays, l’EI a commencé à vendre du pétrole à prix réduit sur le marché noir dans les régions contrôlées par l’organisation. L’objectif: attirer le soutien de la population locale.
L’activité apporte des effets négatifs à l’économie syrienne. Depuis le début de la guerre, en mars 2011, la production de pétrole dans le pays ne fait que plonger. Fin 2014, après la perte par le régime de la majorité des champs pétroliers, elle avait chuté à 9.329 barils par jour contre 380.000 avant le conflit, selon les chiffres officiels. Les champs les plus productifs avant la guerre, ceux de Deir Ezzor (est), sont actuellement aux mains de l’EI.
Le secteur pétrolier était pourtant la plus importante source de devises du pays. Selon le ministre du pétrole syrien Souleimane Al-Abbas, cité par l’agence officielle Sana, « l’augmentation des agressions terroristes contre les infrastructures pétrolières, les sanctions occidentales et la suspension des compagnies étrangères de la prospection pétrolière sont à l’origine de cette chute vertigineuse ».
Dans ce contexte, le gouvernement a importé la presque-totalité de ses besoins en pétrole, en particulier d’Iran, principal allié régional du régime de Damas.





















