En août dernier, la Russie a revendiqué aux Nations Unies 1,2 million de kilomètres carrés d’espace maritime arctique. Deux ans plus tôt, c’était le gouvernement canadien qui déposait sa revendication. Alors que le Canada ne semble avoir d’yeux que pour le fameux point du Pôle Nord, la Russie nourrit des rêves plus lointains. Toujours en litige avec la Biélorussie et l’Ukraine, la Russie, qui s’est affirmée dans le conflit syrien la semaine dernière, ajoute une carte de plus à son jeu : l’Arctique. Mais, qu’y-a-t-il vraiment derrière ce rêve polaire ?
Reportage audio sur la Russie arctique, au côté de Frédéric Lasserre, professeur au département de géographie de l’Université Laval, directeur de projets chez ArcticNet et chercheur à l’Institut québécois des Hautes Études internationales.
Avant de plonger dans l’écoute
L’Arctique regroupe les terres et les mers, situées par-delà du cercle polaire, c’est-à-dire l’océan Arctique, et les pays qui y sont côtiers. Ces pays sont au nombre de huit, on les appelle les États arctiques. Rapide tour de l’horloge, on retrouve tout d’abord la Russie, puis la Finlande, la Suède, la Norvège, l’Islande, le Danemark — avec le Groenland et les îles Féroé —, et enfin le Canada, et les États-Unis — avec l’Alaska.
Ensemble, avec les organisations des peuples autochtones, ces huit pays forment le Conseil Arctique, créé lors de la déclaration d’Ottawa en 1996.
Parmi ces huit entités, seulement cinq revendiquent des terres. Pourquoi « seulement cinq » En plus d’être régi par le Conseil Arctique, le territoire obéit au droit international, nous ramenant à l’année 1982 et à la Convention des Nations Unies sur le Droit de la mer. La convention stipule que chaque État règne en maitre jusqu’à 200 miles de ses côtes, soit plus de 320 000 mètres. Elle indique aussi qu’une exploration au-delà de cette limite est possible, si l’État prouve que sa plateforme continentale s’étend géologiquement au-delà de ces 200 miles. Preuve faite, l’État peut alors explorer, et exploiter.






















