Vladimir Poutine déclarait le 6 août 2014 la mise en place le lendemain même d’un embargo sur les produits alimentaires importés des pays qui étaient en faveur d’une sanction financière à la Russie pour son implication dans la crise en Ukraine. Un peu plus d’un an après son instauration et son extension à d’autres pays, quelles sont les conséquences que cette décision a entrainé ?
En limitant l’exportation de produits de consommation courante tels que les produits alimentaires, l’embargo mis en place par le Président Poutine a participé en partie à la très forte inflation qui a sévi dans le pays début 2015.
Par conséquent, le pouvoir d’achat de la population en a été affecté. Selon les chiffres officiels du Service fédéral russe des statistiques (Rosstat), il a diminué de 9,3% en l’espace d’un an. Ils étaient 22,9 millions de Russes (ce qui équivaut à 15% de la population) à vivre sous le seuil de pauvreté de 9662 roubles mensuels – soit environ 200 dollars canadiens – au premier trimestre de 2015, contre 19,8 millions à la même période l’année précédente.
Ce chiffre est d’autant plus alarmant que depuis quelques mois, les autorités russes ne prennent plus la peine de renvoyer les produits sous embargo à leur destinataire mais se contentent de les détruire. Ce sont ainsi des centaines de tonnes de nourriture qui sont broyées ou brûlées chaque jour.
Pour faire face aux contestations de la population (48% des Russes sont contre la destruction alimentaire*), le gouvernement de Vladimir Poutine s’est toujours défendu en prétextant que les produits détruits ne sont que « de pures contrebandes » et que la destruction est essentielle car la qualité des aliments venant des pays concernés par l’embargo est « douteuse ».
Des pertes économiques sévères pour les pays exportateurs
Dès la mise en place de l’embargo l’année dernière, le Canada a vu ses exportations à destination de la Russie dégringoler en flèche. Selon Statistique Canada, pour les mois d’août, septembre et octobre 2014, la valeur des exportations de viande de porc n’était que de 7 millions de dollars canadiens, contre 64 millions sur la même période en 2013.
Le constat est encore plus frappant pour les exportations de poisson congelé puisque la marchandise exportée ne pesait que 750 000 dollars canadiens en 2014 contre 19,8 millions en 2013, toujours sur cette même période de août à octobre.
Bien évidemment, les produits à l’origine destinés aux marchés russes peuvent être vendus à d’autres importateurs. Mais les producteurs doivent accuser une perte financière conséquente à la multiplication du nombre de marchandises disponibles et donc à l’augmentation de l’offre, alors que la demande en importation reste stable.
Avec 8 milliards de dollars canadiens (5,5 milliards d’euros) de pertes en 2014, c’est en Europe que les secteurs agricole et alimentaire connaissent le plus de difficultés, notamment dans les filières porcines et laitières. Les producteurs vendent à perte, les marchés sont instables et les chaines de production déréglées. Les exportateurs doivent désormais trouver de nouvelles destinations pour leurs marchandises afin que le marché retrouve son équilibre.





















