Du 30 novembre au 11 décembre, les représentants des 195 pays des Nations Unies se retrouveront à Paris pour conclure un accord pour limiter le réchauffement climatique. L’occasion de faire un point sur les grandes questions qui tournent autour de cette grande conférence sur le climat.
La COP, qu’est-ce que c’est ?
Il s’agit d’une grande conférence internationale sur le climat. L’acronyme COP signifie « conference of the parties » en anglais. Il s’agit de la réunion des « parties », c’est-à-dire des 195 pays signataires de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). La convention, adoptée en 1992 à l’issue du Sommet de la Terre à Rio, reconnaît l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés la responsabilité de lutter contre ce phénomène.
Depuis l’organisation de la première COP en 1995 à Berlin, les pays signataires se réunissent chaque année. Ces rencontres annuelles sont destinées à adopter des mesures pour que chaque pays participant réduise son impact sur le réchauffement climatique.
Pourquoi la COP21, organisée cette année à Paris, est plus importante que les autres ?
L’issue de la conférence de Paris est cruciale puisqu’elle doit aboutir à un accord international et contraignant, applicable à tous les pays à partir de 2020, et dont l’objectif est de maintenir le réchauffement global sous la limite de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle (vers 1850) d’ici 2100.
La rencontre représente l’une des plus grandes conférences sur le climat jamais organisées. Les 195 pays et l’Union européenne s’y préparent depuis plusieurs années. C’est à l’occasion de la COP17, organisée à Durban, en Afrique du Sud en 2011, que les participants se sont accordés pour respecter une échéance pour signer un accord international visant à lutter efficacement contre le dérèglement climatique. Cette échéance étant fixée pour 2015.
Si l’accord est ratifié comme prévu, il devrait entrer en vigueur à partir de 2020. Il s’agirait du premier texte exigeant que tous les pays du monde réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre et représenterait alors d’une véritable transition vers une politique mondiale durable et écoresponsable.
Quels sont concrètement les objectifs fixés pour la COP21 ?
Les 195 pays participants et l’Union européenne doivent s’engager sur trois points.
Le premier est l’objectif principal de la COP21 : maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C. Pour y arriver, les pays doivent parvenir à la signature d’un accord qui, de façon équilibrée, engage les pays à faire des efforts pour baisser les émissions de gaz à effet de serre. Dans cette optique, chaque pays est tenu de publier les objectifs nationaux qu’il s’engage à réaliser.
Le deuxième point, c’est de réfléchir à l’adaptation des sociétés aux dérèglements climatiques qui sont déjà effectifs.
Enfin, les pays doivent trouver un accord sur le montant de l’aide financière qui sera versée aux pays en développement. La mobilisation est fixée à 100 milliards de dollars par an par les Etats, les organisations internationales et le secteur privé.
Pourquoi le maintien de la température a été maintenu à 2°C précisément ?
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a jugé qu’avec une augmentation de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, l’humanité pourrait encore s’adapter aux phénomènes climatiques. Au-delà de 4°C en revanche, ils estiment que les dégâts seraient irréversibles. Ce plafond a été discuté une première fois à Bali lors de la COP13. Il a été réévalué lors de la COP15 à Copenhague avant d’être validé à la COP16 à Cancun.
Est-ce qu’il y a un risque que la COP21 échoue ?
Oui, parce qu’il s’agit de trouver un consensus entre tous les pays. Le dernier grand accord international sur le climat, le protocole de Kyoto, signé en 1997, n’a pas eu d’impact sérieux. Son entrée en vigueur prévue en 2008 a été prolongée jusqu’en 2020. Depuis, les Etats-Unis, un des plus gros pays émetteurs de gaz à effet de serre ont refusé de le ratifier, la Chine ne s’est pas vu imposer d’objectifs contraignants et la Russie, le Japon et le Canada ont finalement annoncé leur retrait.
Si les pays ne parviennent pas à trouver un accord, il faudra trouver une nouvelle date pour discuter de ce texte. Un scénario qui inquiète les experts du GIEC. Dépasser la limite des 2°C pourrait engendrer la multiplication des catastrophes météorologiques et menacer l’équilibre géopolitique sur toute la planète.






















