« Sans musique, sans théâtre, sans musée, sans spectacle, sans cinéma tous ces moments de rencontre n’ont plus lieu » - Agnès Dufour, relationniste de presse au Musée de la civilisation de Québec (Crédit photo : Pixabay, creative commons)

Le domaine des arts et de la culture a été affecté par la pandémie de COVID-19, ce qui a forcé le gouvernement, les artistes, les institutions et les organisateurs d’événements à s’adapter au contexte pour continuer de faire la promotion de la culture. Par exemple, le gouvernement a apporté son aide à l’industrie artistique et culturel financièrement et certains événements comme les salons du livre ou les expositions aux musées ont été tenus virtuellement.

Le secteur événementiel de l’industrie littéraire est l’un des secteurs d’activités qui a été touché par la pandémie. En effet, l’association québécoise des salons du livre, dont fait partie le Salon du livre de Rimouski, a décidé d’annuler ses événements en présentiel pour l’année 2020 dès la-mi-mars, rappelle Robin Doucet, directeur général du Salon du livre de Rimouski. À Rimouski, les organisateurs du salon ont essayé de se réinventer et d’être créatifs en organisant une semaine d’activités présentées en format virtuel, explique-t-il. Selon M. Doucet, la pandémie a eu un énorme impact économique pour le salon et l’aide financière du gouvernement a permis de verser un salaire aux employés et de couvrir les frais liés à l’événement. Le directeur et son équipe ont tenté de conserver l’esprit de l’événement en planifiant des visites virtuelles du salon pour les écoles de la région. 

« Dès le début du confinement, le Musée de la civilisation a initié la plateforme de contenus culturel Web Une heure au musée » énonce Agnès Dufour, relationniste de presse du musée de Québec. À l’annonce de la réouverture des lieux publics en mai, l’équipe du musée a travaillé d’arrache-pied pour aménager les lieux pour accueillir les visiteurs de manière sécuritaire dès le 22 juin, affirme-t-elle. Elle ajoute que les visiteurs apprécient tout de même leur visite malgré le contexte actuel.

Le Musée a ensuite dû refermé ses portes à nouveau avec le passage de la région en zone rouge. Il n’offre maintenant que du contenu virtuel pour satisfaire les passionnés d’arts et d’histoire, mais

« l’expérience d’une visite sur place ne sera jamais remplacée par une visite virtuelle », dit-elle. – Agnès Dufour, relationniste de presse au Musée de la civilisation de Québec

Pour Cédric Bouillon, photographe, la pandémie a eu un impact sur ces projets artistiques. « Au début, il a fallu tout arrêter », exprime-t-il. « Pour la photo, il y a eu un arrêt durant cette période », affirme-t-il. Il était toujours possible de faire des photos de famille comme la distanciation n’est pas nécessaire dans ces cas-là, mais pas de photos corporatives qui constituent la majeure proportion des revenus, commente-t-il. Il s’est assuré de respecter les mesures sanitaires lors des séances-photos comme de « nettoyer le matériel, porter un masque et garder une distance lorsque l’on montre le résultat de la séance aux clients ».

De son côté, Marie Nowak, comédienne pour la troupe de théâtre Le Clan Destin de Carleton-sur-Mer, illustre l’impact de la pandémie sur la production et la diffusion de leur pièce de théâtre. 

 

Importance de la culture

Il est aussi pertinent de se pencher sur l’importance que revêt la culture dans la société et surtout dans un contexte de pandémie. Le Ministère de la Culture et des Communications comprend la place qu’occupe la culture dans la société et veut qu’elle survive à cette crise. L’aide financière apportée par le Ministère de la culture et des communications illustre « la volonté de notre gouvernement de soutenir le milieu culturel et de l’accompagner dans ces moments particulièrement difficiles », déclare Nathalie Roy, Ministre de la Culture et des Communications, dans un communiqué de presse. Dans le contexte actuel, la culture est donc primordiale, car elle « nous fait le plus grand bien », a insisté la ministre lors de l’annonce de la mise en place d’un fonds d’urgence pour les artistes et travails culturels des arts de la scène au mois d’octobre dernier. 

Pour M. Doucet, la culture est importante et mérite qu’on la protège, car « c’est une façon d’apprendre la vie ». C’est surtout en contexte comme celui dans lequel on se trouve en ce moment que l’on prend conscience de « l’importance et de la fragilité de la culture », souligne-t-il. « Les gens se sont procurés des livres par Internet et dans les bibliothèques », donc l’industrie de la vente de livres n’a pas trop subi d’impact économique, dit-il. « Les ventes en librairies ont été bonnes [et même presqu’autant que pendant [le mois avant le temps des fêtes], illustre-t-il. Les gens ont continué à lire ou ont commencé ou recommencé « pour s’éloigner des écrans », évoque Robin Doucet.

« La culture, dans son ensemble, est ce qui définit une nation, lui donne des repères et suscite des rencontres avec soi et avec l’Autre ». – Agnès Dufour, relationniste de presse au Musée de la civilisation de Québec

La culture prend d’autant plus d’importance dans un contexte de pandémie, qui nous prive un peu de ces échanges qui nous « [font] du bien » et « nous transportent […] vers d’autres horizons », ajoute la relationniste. Elle nous sert de repères et nous aide à garder le moral, renchérit-elle.

Selon M. Bouillon, l’aide gouvernementale a aidé, mais n’était pas suffisante. « La culture n’est pas toujours vu comme utile » même si elle devrait l’être, car elle engendre des revenus et qu’elle aide les gens à garder le moral, ajoute-t-il. Elle permet de faire travailler les artistes, de les payer et de créer des emplois. 

Selon Marie Nowak, il est important de se battre pour la culture, car cela fait partie intégrante de notre quotidien. Pour elle, la culture est le miroir de la société.  

« Par ailleurs, la culture est également la locomotive pour d’autres secteurs économiques. On va au spectacle, on sort au restaurant, on va en ville, on fait un voyage. En ce moment, cette locomotive est à l’arrêt (ou presque), ce qui a des conséquences pour plusieurs autres secteurs ». – Marie Nowak, comédienne pour la troupe de théâtre Le Clan Destin

Dès lors, il est d’autant plus essentiel de la préserver dans le contexte actuel, car nous sommes en train d’étouffer et nous avons besoin de sortir de nos bulles et de respirer, estime la comédienne.  

« Nous avons besoin sans cesse de nous élever, d’apprendre, de voyager, de s’enrichir et d’échanger. Notre santé mentale en dépend ». – Marie Nowak, comédienne pour la troupe de théâtre Le Clan Destin