QUÉBEC — C’est vendredi prochain que Québékoisie, un film traitant des relations entre autochtones et Québécois, sortira sur les écrans du cinéma Cartier de Québec. Pour les producteurs Mélanie Carrier et Olivier Higgins, qui en sont à leur troisième production cinématographique, ce film est la consécration de six années de travail.

Québékoisie est né d’une question, celle de l’origine de nos traditions. Pour les deux voyageurs chevronnés qui ont tourné leur premier film Asiemut en parcourant l’Asie à vélo, ils ont eu une prise de conscience qui les a déstabilisés : «On a des amis au Tibet, au Madagascar, partout dans le monde, mais ici, on n’a aucun ami issu des Premières Nations». Ils se sont alors demandé : «C’est quoi notre culture? Ça veut dire quoi être Québécois? ». 

C’est avec ces questions en tête qu’ils se sont lancés dans ce périple à vélo de plus de 1000 kilomètres séparant Québec de Natashquan. Ils ont tenu à faire l’aventure à vélo, car «tu prends vraiment le temps d’être avec les gens. Ça apporte des rencontres qui sont imprévues», soutient Mélanie Carrier. Le vélo apporte tout de même son lot de défis. Pour la petite équipe de production qu’ils constituaient à deux, «les défis logistiques sont énormes. On traînait tout notre matériel dans un petit boguey en arrière du vélo», ajoute-t-elle.

QuébékoisieRencontré à Québec alors qu’il revenait d’une dizaine de jours de promotion à Montréal, le couple était exténué, mais très satisfait. Et pour cause! Lors de la première mondiale du film, ils ont appris qu’ils étaient récipiendaires du prix Magnus-Isacsson, qui récompense un réalisateur émergent pour un film qui présente un engagement social. Pour Mélanie Carrier, il s’agit d’une récompense très appréciée. «C’est un prix pour des cinéastes émergents du Canada, donc pour nous, c’est vraiment un beau prix!»

La réalisatrice et productrice est consciente que la relation avec les autochtones est un phénomène complexe. «C’est un film sans prétention. On est des citoyens qui ont fait une démarche cinématographique parce que ça nous interpelait», assure-t-elle. L’identité, le métissage et le passé autochtone du Québec sont les principaux thèmes de Québékoisie. Mélanie Carrier consent que le film apporte beaucoup plus de questions qu’il n’amène de réponses, «mais je pense que les questions qu’on soulève peuvent amener des débats intéressants».

Le couple a créé la boîte de production MÖ Films après leur premier film. «On avait vraiment envie de bâtir une boîte de production sous laquelle on allait développer nos projets», soutient Mélanie Carrier. Des projets «qui sont très engagés socialement, des projets qui traitent de justice sociale, de société», précise Olivier Higgins.

Les projets du couple pour les prochains mois se résument à la promotion de Québékoisie. «La priorité, c’est que ce film-là soit vu le plus possible, [et] tout ceux qui se disent Québécois ont intérêt à [le] voir!» Éventuellement, ils n’écartent pas la possibilité de prendre de «petites vacances en famille».

Québékoisie sera à l’affiche du Cinéma Cartier de Québec du 29 novembre 2013 au 9 janvier 2014.