Les journalistes sont de plus en plus sous pression dans leurs conditions de travail. Fermeture de médias, matériels volés, journalistes emprisonnés ou tués : la situation est inquiétante pour la liberté de la presse dans le monde. 

Au Canada, la liberté de la presse est toujours présente, mais une certaine dégradation des conditions d’exercice du journalisme se fait sentir sur le terrain selon Michael Nguyen, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Pour lui, « la liberté de la presse est dans une pente descendante ».

Le 15 septembre dernier, Amnistie internationale rapportait que les autorités au Kirghizistan ont tenté de fermer un média, soit l’organe de presse indépendante à but non lucratif Klood Media. De son côté, RSF publiait un rapport sur la situation en Amazonie brésilienne où les professionnels subissent des formes d’intimidations, d’agressions physiques, des bris de matériel, des poursuites judiciaires ainsi que des menaces de mort.

« Le journalisme est sous attaque. C’est l’ennemi à battre », mentionne le président de la FPJQ à propos des conditions d’exercice de ce métier.

La liberté de presse en quelques chiffres

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai dernier, le classement mondial de la liberté de la presse par l’organisme Reporters sans frontières (RSF) dressait un état des lieux inquiétant des conditions du journalisme dans 180 pays.

La situation est considérée de « très grave » dans 31 pays, de « difficile » dans 42 et « problématique » dans 55. En revanche, elle serait « bonne » ou « plutôt bonne » dans 52 pays. Dans 7 pays sur 10, les conditions d’exercice du journalisme sont mauvaises.

Pour une 7e année consécutive, la Norvège conserve le premier rang suivi de l’Irlande et du Danemark. Les trois derniers du classement sont des pays asiatiques : le Vietnam (178e), la Chine (179e) et la Corée du Nord (180e).

L’emprise de la désinformation

Au Canada, le contexte de pandémie semble avoir joué un rôle dans la confiance de la population envers les médias en voyant notamment l’apparition de trolls sur les réseaux sociaux souvent hostile à la profession de journaliste, selon le président de la FPJQ. Les plateformes des médias sont dévalorisées sur les réseaux sociaux au détriment de la désinformation qui prend de plus en plus de place dans la sphère numérique.

La désinformation, la propagande et l’implication des acteurs politiques contribuent à cette dégradation de la qualité de l’information présente sur le web. Il est maintenant plus difficile de différencier le vrai du faux, même dans les photos.

Le développement de l’intelligence artificielle (IA) fragilise davantage le monde des médias en participant à la propagation d’informations pas toujours fiables et vérifiées.  La plateforme Midjourney, une IA pouvant fabriquer des images en haute résolution, contribue au partage de fausses informations sur les plateformes en ligne.

Des solutions ?

Il y a un certain recul de la liberté de la presse dans le monde selon RSF et la FPJQ, mais quoi faire pour y remédier ? Le financement des médias et les sanctions à l’encontre de la désinformation font partie des éléments de solution relevés par Michael Nguyen, président de la FPJQ. La désinformation qui attaque les fondements de la démocratie est celle qui est plus nocive pour la liberté de la presse. « Il est essentiel de trouver des solutions à ce niveau-là », suggère M. Nguyen.