Exemplaire : Média-école des étudiants en journalisme

Média-école des étudiants en journalisme

Le journalisme à l’ère numérique : S’adapter ou disparaître ?

16 octobre 2018 - 12:39

journalisme numérique

Les journalistes panélistes et le modérateur Thierry Watine au colloque Théophraste


Le colloque  2018 du réseau international Théophraste a abordé divers sujets actuels au cours de ses travaux. Le journalisme passionne toujours mais ce métier suscite beaucoup d’interrogations à l’ère numérique. Son devenir et les enjeux liés aux spécialisations sont quelques uns des sujets débattus lors de la deuxième table ronde consacrée aux professionnels.

 

Les réflexions partagées ont permis de faire un état des lieux. Le chamboulement est tel que le journalisme d’hier, du « Nagra », du fax, du matériel lourd semble obsolète et dépassé. Maintenant, le téléphone intelligent, l’ordinateur, le numérique et l’internet sont au cœur du dispositif informationnel. Lors du colloque international Théophraste, tenu à Québec, les fondamentaux étaient en question. Suffisent-ils ou non pour faire le métier ? Gilles Carignan, journaliste, et un des panélistes a donné son avis sur la question. Directeur des contenus numériques du quotidien Le Soleil de Québec, Gilles Carignan se veut clair : « notre journal a deux pieds dans le numérique ». Il affirme que son journal est pionnier à Québec, car le premier à se doter d’un site web, 122 ans d’existence, actuel média régional avec des mutations importantes. Pour lui, « cette veille accrue sur les réseaux sociaux issue d’une une multitude de plateformes ne doit pas occulter l’essentiel. Le spectre de la production de l’information devient de plus en plus large, mais la rigueur dans le traitement de l’information, reste une condition sine qua non. Le Soleil a décidé de consacrer moins de temps à Facebook et un peu plus de temps à la production de contenus. Selon Gilles Carignan de Capitales Médias, « le numérique a transformé l’environnement du « Soleil » de Québec.

Le journalisme présentement donne-t-il du fil à retordre aux professionnels et formateurs des médias ? Certes il y a vingt ans, les choses étaient plus fastidieuses mais, peut-être plus fouillées. On prenait le temps de recouper, de faire entendre les différentes parties, chercher une vérité. Maintenant, le fil d’actualité explose, la nécessité de vérifier, d’équilibrer est devenue accélérée, aléatoire pour certains, ce que l’on dit ou ce que l’on écrit est « hâtivement publié ».

À en croire l’ensemble des panélistes (Valérie Borde, de « l’Actualité », Crystelle Crépeau, directrice Stratégie et contenus à Radio-Canada et G. Carignan) « les fondamentaux ne suffisent plus dans un contexte de pratiques innovantes, de course au scoop, de journalisme de données et d’intelligence artificielle ».

Une série de questions-réponses a éclairé la lanterne des participants au colloque international Théophraste qui a regroupé plusieurs professionnels des médias et chefs d’établissements de formation en journalisme.

Quelle que soit la manière dont on doit travailler il faut qu’on commence à maîtriser l’écrit car selon, la paneliste Valérie Borde « le numérique bien que merveilleux ne règle pas tous nos besoins humains ». L’univers de ce bruit doit être moins cacophonique, il faut s’adapter ou disparaître a conclu Gilles Carignan. Entre l’enclume de l’adaptation et le marteau de la précipitation, le retour à une sérénité pour « se hâter doucement » ont été proposés.