Exemplaire : Média-école des étudiants en journalisme

Média-école des étudiants en journalisme

Journalisme à l’aune du numérique : Entre avenir exaltant et avenir inquiétant?

23 octobre 2018 - 19:54


Perpétue Adite

Deuxième journée du colloque Théophraste à l’Université Laval ce jeudi 11 Octobre 2018. Dernière table ronde animée par Thierry Watine, Professeur au département d’information et de communication. Le thème choisi pour ce panel est : L’avenir du journalisme à l’aune du numérique.  

Trois invités sont intervenus à cette table ronde qui aura duré environ deux heures de temps. Journalisme : entre avenir exaltant et avenir inquiétant, et doit-on réinventer le métier à la vitesse du numérique, c’est par ce nœud de la question que Thierry Watine a planté le décor de cette table ronde. Trois intervenants ont partagé leurs expériences sur la question pour déboucher sur des perspectives d’avenir pour le journalisme. Il s’agit de Chrystelle Crépeau, Directrice stratégie et contenus numériques information à Radio Canada, Valérie Borde, Journaliste indépendante et communicatrice scientifique collaborant avec le journal « L’Actualité » et Gilles Carignan, Directeur des contenus numériques du journal Le Soleil et du Groupe Capitales Médias.

Chrystelle Crépeau a reconnu que peu de gens ont anticipé l’effet de la vitesse du numérique qui, aujourd’hui a chamboulé le métier. Une multitude de plateformes avec des spécificités. Pour résister à ce vent fort qui se donne pour défi d’emporter le journalisme traditionnel, Radio Canada a mis en place un laboratoire de journalisme numérique qui teste un nouveau ton, de nouveaux formats, et ça marche pas mal, selon les propos de Chrystelle Crépeau. Cette expérience a permis de comprendre que chaque canal a ses exigences et il faut pouvoir donc les apprivoiser par la qualité du contenu, la diffusion, la crédibilité, la pertinence, et l’intérêt du public.

Valérie Borde quant à elle, apprécie tous ces résultats, mais garde une suspicion dans la mesure où c’est illusoire pour les autres médias d’avoir un laboratoire. Radio canada peut se le permettre, mais pas les autres médias. Pour elle, le monde du numérique est un univers de bruit et ce bruit devient assourdissant, une cacophonie totale avec un degré de saturation majeur. Le contenu est englobé dans une masse d’information et le véritable défi est comment rester pertinent dans ce bruit. En accord avec les suggestions de Chrystelle Crépeau, elle propose de se concentrer sur les fondamentaux et de produire du contenu pertinent, car le but des médias est d’avoir un impact.

Gilles Carignan appuie cette thèse en affirmant que l’essence même du journalisme n’a pas changé. Selon lui, les plateformes numériques sont juste des outils qui permettent de faire des choses, mais qui viennent quand même après l’histoire. Face à cette incertitude pour l’avenir des médias, une première après plus d’un siècle, il faudra se réadapter aux exigences du métier. Un avantage de ces nouvelles réalités reste la possibilité d’accès à une foule de données, et l’important est de pouvoir s’en servir de façon intelligente pour comprendre les habitudes de lecture des internautes. Il a conclu son intervention en partageant avec les participants, trois observations qu’il retient de ces 10 ans de pratique numérique. Avoir une mission claire, se prémunir du buzz ambiant et raconter l’histoire avec un contenu efficace, selon l’intérêt du public, car une bonne histoire reste une bonne histoire. Les questions et apports des participants ont rehaussé la qualité de ce panel qui s’est achevé sur des notes d’espoir d’un journalisme à l’aune du numérique.