Les pompiers ont annoncé le 25 novembre dernier la maîtrise totale de Camp Fire, l’incendie considéré comme le plus meurtrier de l’histoire de la Californie. En deux semaines, ces feux de forêt ont tué près de 90 personnes et ont quasiment rasé la ville de Paradise. La première réaction du président Donald Trump a été d’accuser l’État californien de mauvaise gestion des forêts, tout en réfutant l’argument du changement climatique.  

Le président américain s’est rendu en Californie le 17 novembre dernier pour aller à la rencontre des personnes touchées par l’incendie, comme l’avait annoncé la porte-parole de la Maison-Blanche. Il est notamment allé à Paradise, ville qui a été presque entièrement ravagée par les feux. « C’est très triste à voir », a-t-il déclaré au milieu des cendres.

Au début de l’incendie, Donald Trump avait dénoncé la mauvaise gestion des forêts par les autorités californiennes dans une série de tweets, menaçant également de couper les fonds fédéraux qui sont alloués à la lutte contre les incendies. « Des milliards de dollars sont donnés chaque année, avec tant de vies perdues, tout cela à cause d’une grave mauvaise gestion des forêts. Remédiez-y maintenant, sinon il n’y aura plus de versements fédéraux! », avait-il écrit.

Un problème de gestion des forêts ou de changement climatique ?

La veille de sa visite, le président américain avait admis sur la chaîne Fox News que le réchauffement climatique a « peut-être un peu contribué » à la propagation de ce feu de forêt, mais que « le plus gros problème, c’est la gestion des forêts ». Selon Maya Jegen, professeure à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et experte en politique environnementale, « sa remarque [concernant la gestion des forêts] est erronée. Il y a des cas parfois où les feux peuvent être en lien avec ce problème, mais dans ce cas précis, c’était surtout lié à la sécheresse ».

Les incendies sont de plus en plus nombreux dans cet État américain. Pour autant, comme le rappelle l’experte, « la Californie est un État très proactif contre le changement climatique ». Bien que les États américains aient leur part de responsabilités en politique environnementale, « le gouvernement fédéral pourrait faire beaucoup plus dans ce domaine », assure Maya Jegen.

Pour appuyer ses déclarations sur la gestion des forêts, le président américain a notamment pris en exemple la Finlande, pays couvert à 72% de forêts. Il a soutenu que la Finlande détiendrait la solution à ces feux grâce au ratissage des sous-bois. Mais pour l’experte en politique environnementale de l’UQAM, ces deux exemples ne sont pas comparables, car « on est dans des zones climatiques différentes ».

Donald Trump a déclaré à la suite de sa visite en Californie que l’incendie n’avait pas modifié sa position sur le changement climatique. « Non, non, j’ai un avis tranché. Je veux un super climat et nous allons l’avoir », a-t-il affirmé.