Joe Biden s'entretient avec Xi Jinping lors du sommet virtuel. Photo : Mandel Ngan/AFP

Au cours des dernières semaines, nous avons pu observer une certaine escalade des tensions concernant un sujet pourtant vieux de plus de 50 ans. Il s’agit de Taïwan et ceci implique les deux plus grandes puissances économiques et militaires, les États-Unis ainsi que la Chine.

En effet, depuis quelques mois nous assistons à une escalade du conflit. On voit notamment que Pékin multiplie ses incursions militaires mais aussi que le ton se lève et que la Chine prévoit une réunification sous peu. 

Pour les habitants taiwanais comme Rin, ce conflit ne concerne pas uniquement Taiwan mais bien la démocratie mondiale: “Si la Chine s’empare de Taïwan, ce sera un sérieux avertissement pour tous les pays démocratiques du monde. Le communisme sera plus fort. Et la Chine percera la première chaîne d’îles, la liberté de navigation dans l’Indo-Pacifique n’existera plus, et il sera plus facile de menacer l’Australie et Guam”.

Dernièrement, le mardi 16 Novembre, le président américain a été obligé de clarifier certains propos ambiguës concernant l’indépendance de Taïwan. C’est dans la même journée que le président chinois l’a prévenu qu’œuvrer à l’indépendance de Taïwan revenait à «jouer avec le feu». 

Pour le politologue Jacques Lévesque, “on assiste au même parallèle entre Biden et la Russie, après un haussement de voix, on cherche à réduire la tension du côté des USA, [ ….]  puisqu’ils ne sont pas prêts et cela pourrait être dangereux. Ils ne veulent pas s’engager trop loin et finir dans une situation critique”, indique-t-il. 

Cela explique mieux les propos annoncés par Biden suite à son sommet virtuel avec son homologue chinois Xi Jinping, «Oui. Nous avons dit très clairement que nous soutenions le Taiwan Act et c’est tout», a-t-il dit.

Pour certains Taiwanais, les prises de parole et décisions de l’ancien président D. Trump  étaient plus appréciées. “Je ne peux pas juger la décision des États-Unis, mais grâce aux accords d’échange entre Taïwan et les États-Unis conclus par le président Trump pendant son mandat, cette situation est devenue un indicateur des intérêts américains dans la stratégie indo-pacifique.”, exprime le Taiwanais Rin. 

Même si la nouvelle approche de Joe Biden est plus pacifique, les tensions restent présentes et Pékin intensifie les pressions sur ce territoire insulaire, n’excluant pas le recours à la force pour permettre la “réunification” avec la Chine. “Certains collègues pensent qu’un jour, la Chine va utiliser tous ces moyens militaires, pour envahir Taiwan, les États-Unis protesteront, mais ne seront pas prêts, et ils n’iront pas jusqu’au nucléaire, ils devront donc reculer. C’est pourquoi les États-Unis montrent le poing, mais se retirent dès que la situation se complique.” nous dit le politologue Jacques Lévesque.

C’est donc la raison de la venue de ce nouveau partenariat militaire Aukus, une tripartite formée par l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Unis. 

Même si le conflit militaire États-Unis – Chine n’est pas impossible, le politologue nous pointe du doigt l’actuelle bataille, qui est aujourd’hui principalement économique. “Il y a des pressions militaires fortes, mais c’est surtout une pression économique, et c’est ça qui présente les plus hautes confrontations. La bataille principale se passe sur le plan économique. C’est cela que l’on craint davantage, la plus lourde conséquence à long terme pour les États-Unis est une Chine première puissance économique.” souligne-t-il. 

La dernière complication de ce conflit remonte à ce mardi 23 Novembre où le Président Américain, Joe Biden a convié Taiwan au sommet de la démocratie virtuelle, réunissant 110 pays. La Chine, n’en faisant pas partie, a immédiatement réagi à l’invitation de Taiwan et s’y est opposé fermement. Les tensions sino-américaines ne sont donc pas près de se calmer.